Patrice Lagisquet vise la place en H Cup avant la demi-finale contre Brive

Jeudi 26 avril 2012 à 17h15

Motivé par la perspective de qualifier Biarritz pour la H Cup avant de rejoindre le staff des Bleus à temps plein, Patrice Lagisquet aborde avec envie la demie du Challenge européen contre Brive samedi.

biarritz lagisquet  © Panoramic

De notre envoyé spécial à Biarritz,

Patrice Lagisquet, comment abordez-vous la demi-finale du Challenge contre Brive '
Comme un match important. Il peut surtout permettre au club d’aller chercher la place en H Cup, c’est l’enjeu le plus important. C’est aussi une manière de prendre du plaisir sur cette fin de saison. On a passé pas mal de moments difficiles, on n’est pas encore sorti d’affaire. Si on peut se faire plaisir au travers de cette compétition, ce serait une très bonne chose.

Est-ce une bouffée d’oxygène pour le club '
Ça doit être un moyen de bien vivre avec ce groupe. C’est surtout un moyen de montrer les ambitions du BO pour l’avenir et ce n’est pas négligeable. Continuer à jouer la H Cup, c’est important. A Biarritz, on n’a jamais galvaudé cette compétition, qu’on a toujours jouée à fond, donc rester concentré sur cet objectif, ce serait bien.

L’expérience européenne du BO vous place-t-elle d’emblée en position de favori '
On a battu Brive ici il n’y a pas très longtemps (ndlr : 26-11 le 10 mars), on joue à domicile et ils ont un match couperet, quasiment vital, à jouer la semaine prochaine (ndlr : contre Bordeaux-Bègles). Le contexte nous paraît plus favorable. Mais cette équipe joue tous les matchs à fond, elle l’a montré depuis le début. Elle aime pratiquer un jeu offensif, prendre des initiatives. Elle va sûrement nous poser des problèmes. A nous d’être sérieux et de ne pas tomber dans un rugby euphorique, qui serait contre-productif.

Auriez-vous préféré jouer une équipe étrangère '
Oui, ça aurait peut-être été plus motivant pour les joueurs et les spectateurs. Il faut montrer beaucoup de respect vis-à-vis de cette équipe de Brive. Elle a éliminé de bonnes équipes, fait un bon match contre Llanelli (ndlr : victoire 15-11 en quarts de finale). Même s’ils avaient fait tourner leur effectif, ils avaient pratiqué un rugby ambitieux. Il faut respecter le fait qu’ils soient qualifiés pour cette demi-finale et prendre en compte qu’ils jouent tous les matchs à fond. La semaine dernière, ils menaient à Toulouse à la mi-temps (ndlr : 15-18 avant de perdre 30-21). Ils ont raté deux ou trois coups, comme contre Agen lors de la première journée (19-20) ou à Bordeaux-Bègles (ndlr : 16-12, le 2 décembre). Ils sont en difficulté aujourd’hui mais ça se joue à très peu.

Ce match est-il aussi le moyen de faire le plein de confiance avant la fin de saison '
Oui aussi. Mais c’est surtout le moyen d’affirmer les ambitions du club, avec l’envie de jouer une finale au Stoop, à côté de Twickenham, et peut-être ajouter une ligne au palmarès. Mais il faut surtout aller chercher cette place en H Cup, parce que les supporters y sont habitués depuis une douzaine d’années. Ce serait bien de continuer à jouer cette compétition.

Ce serait aussi l’occasion pour vous de remporter un dernier titre avant d’intégrer le staff du XV de France…
Ce serait anecdotique, ce n’est pas le plus important. Pour le plus important, c’est vraiment que le club soit qualifié pour la H Cup. J’aimerais pouvoir quitter ce club et ce groupe en me disant que, malgré toutes les difficultés qu’on a connues, on a vécu une belle fin de saison. Sur les matchs retour, on est troisième ou quatrième au classement. Aller chercher cette finale, ce serait montrer qu’on avait peut-être les moyens de faire beaucoup mieux et que les circonstances ne nous ont pas souri. Ça montrerait à tout le monde que ce groupe du BO est bien supérieur à ce qu’on a bien voulu dire pendant de nombreux mois.

« Le Challenge a le défaut de se retrouver dans l’ombre de la H Cup »

Comment interprétez-vous le fait que le dernier carré de la compétition soit 100% français '
Les autres nations s’y intéressent peut-être moins. Les Irlandais et les Gallois, avec pas mal d’internationaux qui ont joué la Coupe du monde, avaient peut-être besoin de souffler. On ne les a pas sentis très motivés. Les clubs anglais ont un championnat très dur et ils ont aussi dû récupérer leurs internationaux. Je pense aux Harlequins à Toulon (ndlr : 35-8 pour le RCT en quarts de finale). Même s’ils ont été battus très nettement dans l’engagement, on ne les a pas sentis très motivés par cette compétition. Ce sont les circonstances.

Où se situe le rugby français sur le plan européen '
Je me méfie toujours parce que tous les ans, j’entends des raisonnements sur ce qui se passe en H Cup ou en Challenge. On dit que les clubs français ne s’y intéressent pas, que le rugby français va très bien, parce qu’il y a deux ou trois demi-finalistes, ou va très mal, parce qu’il n’y en a qu’un ou zéro. Ce sont des Coupes, ce sont des compétitions particulières. Ça se joue parfois à rien et le contexte fait qu’une nation réussit mieux que l’autre. On pourrait peut-être dire que le football espagnol ne vaut plus rien parce que le Real Madrid et le Barça ont été éliminés, alors qu’on les pensait au sommet du football mondial. Quand on voit à quoi ça se joue, il faut se dire qu’on est dans le sport et qu’il y a parfois des mauvais rebonds. Il y a une part de réussite et il n’y a jamais de vérité absolue.

Le Challenge souffre d’un problème de notoriété. Comment l’expliquez-vous '
Le Challenge a le défaut de se retrouver dans l’ombre de la H Cup, qui est devenue une compétition majeure en Europe. C’est la même chose pour le football. La Ligue Europa est complètement effacée par l’intérêt que tout le monde porte à la Ligue des Champions. On a une compétition qui prend une place prépondérante dans les médias et du coup, l’intérêt pour la deuxième compétition est moindre. Mais ce sera compliqué de donner plus d’intérêt au Challenge parce qu’on a le sentiment que la H Cup se rapproche des standards internationaux, certains matchs sont du niveau du Super Rugby. Ce n’est pas évident. D’un côté, on a une compétition qui grandit et de l’autre, on est à la remorque. Les télés montrent tous les matchs, l’espace médiatique est très occupé par la H Cup, même si les médias français relaient bien le Challenge. Le seul moyen, ce serait peut-être de hausser la qualité du spectacle. Si on arrive à un niveau de jeu attrayant, qui attire les amateurs de rugby, ce serait la meilleure chose. On essaye de trouver une place mais ce n’est pas simple.

Pensez-vous qu’il ne serait pas judicieux de limiter le nombre de clubs français qualifiés, quand on se rend compte que tous les clubs du Top 14 non qualifiés pour la H Cup participent au Challenge '
C’est peut-être une piste, avec l’ouverture vers d’autres pays européens, pour qu’il y ait un intérêt supplémentaire. C’est une idée à creuser. Il y a des Roumains ou des Italiens, mais on se rend compte qu’ils ont du mal à figurer. On pourrait limiter le nombre de clubs français et essayer d’augmenter le panorama européen. Mais plein de gens réfléchissent sur l’évolution du rugby, laissons-les travailler.

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