EXCLU : L'épouse de Vincent Lambert s'exprime sur France Bleu Champagne-Ardenne

Mardi 14 janvier 2014 à 19h43

La justice se prononce mercredi sur le sort de Vincent Lambert. Cet homme de 37 ans est tétraplégique depuis un accident de la circulation il y a 5 ans. Il est hospitalisé dans un état proche du coma. Les médecins ont décidé d'arrêter son alimentation artificielle. Les parents ne l'acceptent pas. Rachel Lambert, l'épouse de Vincent, demande que la volonté de son mari soit respectée.

L'hopital Sébastopol à Reims où Vincent Lambert est hospitalisé dans un état proche du coma  © Monique Derrien - Radio France

Le témoignage exclusif de Rachel, l'épouse de Vincent Lambert  
Interviewe exclusive de Monique Derrien

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"Nous étions un couple heureux. Nous n'avions pas l'intention de nous séparer", raconte avec émotion Rachel Lambert. "J'ai été l'épouse de Vincent et je suis restée l'épouse pendant toutes ses années. Je n'ai jamais délaissé mon mari"

Vincent Lambert est tétraplégique depuis un accident de la circulation en 2008. Il est hospitalisé au CHU de Reims dans un état proche du coma. Il ne communique pas avec son entourage, ses proches. Il ne parle pas. Vincent Lambert est alimenté et hydraté par sonde. 

"C'est une douleur extrême déjà de perdre son mari dans un accident, de l'accompagner pendant toutes ces années, d'y mettre son amour pour le visiter très régulièrement", confie Rachel Lambert. "On tente de balayer tout ça".

"Entendons et respectons Vincent"

Les parents de Vincent Lambert n'acceptent pas l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation de leur fils. Dans leur esprit, c'est une euthanasie passive. Voilà pourquoi ils ont saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

"Entendons et respectons Vincent", répond Rachel Lambert. "N'oublions pas qui il a été. Ce qui le répugnait, c'est la dépendance. Respectons cela. Personne n'a le droit de se l'approprier"

L'épouse de Vincent Lambert explique qu'elle a des convictions personnelles qu'elle partageait du reste avec son mari. "Mais ça n'a pas d'importance. Ce qui est important, c'est Vincent et Vincent s'est exprimé".

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se prononce mercredi lors d'une audience en référé. 

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Reims - 51051 CEDEX

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en août 2014 mon époux entrera dans sa onzième année de coma suite à un accident, il était décédé quand les secours sont arrivés et ils ont malgré tout décidé de le réanimer. Aujourd'hui, et depuis le début de la réanimation, on ne m'a pas caché qu'il serait dans un coma végétatif chronique. Il n'y a aucun signe de sa part.pourquoi y a t-il eu cette acharnement vous demandez-vous ? parce qu'il est encore jeune ! ont répondu des médecins ! lui aussi m'avait toujours dit qu'il ne souhaiterait jamais être dans cet état et de tout faire pour ne pas l'y laisser ! mais que faire contre l'acharnement des médecins ? Je suis choquée d'entendre toute cette polémique autour de Vincent et de son épouse. Je vis depuis 10 ans ce qu'elle vit et tout ce qui en découle, la dépression, l'abandon, la peur, les conflits avec la famille, la solitude, le regard des gens, l'oubli ... je n'ai pas eu cette démarche pour me battre pour que son souhait soit pris en compte, non pas par lâcheté, mais simplement du fait que je n'ai toujours pas accepter. C'est ce qui me permet d'avancer même si ma vie comme celle de l'épouse de Vincent est mise entre parenthèse. ma vie aujourd'hui se partage entre nos enfants qui ont et qui vivent encore ce drame, mes visites à mon époux et ma bataille contre les services de santé pour qu'il soit un maximum considéré comme une personne à part entière. Aujourd'hui on nous parle de loi Léonetti pour aider les personnes à partir si elles le demandent, mais quand est-il de ceux qui ne peuvent pas exprimer leur choix comme mon époux et Vincent ? bien sur que les médecins n'ont pas le droit de vie ou de mort sur un patient, mais ils sont au plus proche de leur patient et ce sont eux qui sont aptes à donner leur avis ! pas un juge qui n'a entre les mains qu'un dossier ! je souhaite beaucoup de courage à l'épouse de Vincent. battez-vous ...
Catherine (anonyme) @ LE MOAL (anonyme)
Bonjour, En lisant votre message, je suis toute bouleversée par votre histoire qui vous touche de plein fouet. Quel courage depuis bientôt 11 ans, quelle vie pour vous et vos proches, impossible de se reconstruire. Le corps médical attend quoi ? la lueur d'espoir doit être très faible. Je vous souhaite beaucoup de courage pour l'avenir, le courage dont vous ne devez pas manquer depuis toutes ces années. Pensez à vous.Bien cordialement.
aide soignante (anonyme)
je suis tout a fait d accord avec la femme de vincent lambert car étant confronter au quotidien a ce genre de patient ,je peux vous garantir que pour la famille et le personnel soignant c est compliqué...je ne comprends pas pourquoi les parents on leur mot a dire sachant qu il est adulte et de plus marié,pour moi c est de l acharnement!!!!! je serai la première a prendre ce genre de décision si je devait y être confronter un jour,et en sens inverse j espère que mon mari fera de même pour moi si je devais finir en état végétatif... courage a vous madame,et malgré tous,votre décision est un geste d amour envers votre mari
Catherine (anonyme)
Je suis de tout coeur avec l'épouse de Vincent LAMBERT, quel courage depuis ces années, à espèrer une amélioration de l'état santé de son mari, sachant qu'il n'y a aucun espoir après ces années. Comment peut-on encore faire de l'acharnement thérapeutique ? Sage décision du corps médical, c'est un vaste sujet qui divise mais il faut savoir prendre les bonnes décisions, être humain. J'ai connu cette situation avec mon PAPA il y a bientôt 13 ans, dieu merci il est resté une semaine et demie dans le coma et il n'y avait aucune issue. Une semaine de coma profond, manque d'oxygène, escares, plus de dialyse (étouffement), j'allais le voir tous les soirs en sortant de mon bureau et chaque jour j'espèrai une amélioration mais en vain. Le corps médical a fait ce qu"ii avait à faire avec notre accord et je l'en remercie, c'était une situation difficile à supporter. J'ai eu beaucoup de peine à son décès mais en même temps un soulagement de ne plus le voir comme "légume", j'ai préféré garder l'image d'un homme en pleine santé. Courage à cette femme et espérant que la situation va se débloquer si je peux m'exprimer ainsi. Soyons HUMAINS. Je peux comprendre le désarroi de ces parents mais quelle vie pour toute cette famille qui maintenant se déchire.
Nous avons prit la décision de stopper les soins a notre fils de 5 ans il y a 10 mois maintenant suite a une greffe du foie récalcitrante entrainant hémorragie cérébrale. Si il devait survivre il aurait passe sa vie dans un lit sans bouger, parler........ Nous aurions pu être égoïstes et le garder ainsi. Mais du haut de ses 5 ans il voulait être enfin comme les autres enfants ( selon ses termes). C 'est pourquoi je ne comprend pas la réaction de ses parents .
Dominique (anonyme)
je ne comprends pas pourquoi les parents se mêlent de cela, cet homme est majeur, que je sache ! D'où l'intérêt de laisser des directives anticipées, pour éviter ce type de drame, car pour moi, ce n'est à personne d'autre que la personne intéressée de décider.
Je vous souhaite bien du courage pour la suite, c'est aux médecins à dire ce qu'il en est et de prendre la bonne décision.En accord avec vous et non les parents.

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