Dossier : Coronavirus

Coronavirus et confinement : les marchés vont reprendre à Grenoble, explications d'Éric Piolle

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Par , France Bleu Isère
Eric Piolle, maire sorant à Grenoble. © Radio France - Benjamin Bourgine

Ils étaient suspendus depuis le récent tour de vis gouvernemental, mais la mairie tentait de trouver un moyen pour les conserver, même a minima. Moins de marchands, 50 personnes en même temps seulement, des agents pour faire respecter tout ça : Éric Piolle, le maire de Grenoble, s'explique.

C'est donc officiel, les marchés vont pouvoir reprendre à Grenoble. Les mesures demandées par la préfecture et permettant leur maintien sont tout de même assez drastiques, à la hauteur des nécessaires précautions sanitaires. On les rappelle ici, et le maire de Grenoble commente la situation. 

  1. Format réduit avec cinq étals au maximum par marché
  2. Affluence maximum 50 clients simultanément au maximum par marché
  3. Un espace d’au moins cinq mètres entre chaque étal et un dispositif physique empêchant les clients de s’approcher à moins d’un mètre des étals
  4. La présence d’une personne habilitée par marché pour s’assurer du respect des règles sanitaires

France Bleu Isère : Est-ce déjà une satisfaction cette réouverture, malgré des conditions qui vont être drastiques ?

Éric Piolle : Oui, parce que pendant cette crise sanitaire, on cherche à faire vivre ce qui est bon pour notre santé, et cette alimentation locale elle est bonne pour notre santé et notre territoire. Maintenir ce lien, c'est extrêmement important, on est heureux de cette décision.

Cinq marchands à la fois, c'est très peu. Comment et sur quel critère vous ferez le choix de ces cinq marchands ?

"On va organiser une rotation. Ce qui est intéressant, c'est qu'on va pouvoir finalement augmenter les plages horaires. Si je prends l'exemple du marché bio d'Europole. Au lieu d'être là une fois par semaine, il pourra être là plusieurs soirs par semaine. Ce qui nous intéresse aussi c'est de lisser le nombre de gens qui seront là en même temps au marché. Evidemment, le risque d'avoir beaucoup de monde en même temps à l'estacade le samedi est plus important que si on a 5 producteurs, ou deux fois 5 producteurs tout au long de la semaine et que les gens viennent tout au long de la semaine plutôt que d'attendre le week-end pour faire leurs courses, c'est *tous les jours dimanche* !"

Est-ce qu'il y a d'autres débouchés possible aux producteurs locaux ? Les livraisons, la débrouille, est-ce que vous les encouragez aussi à imaginer de nouvelles manières de faire ?

Oui, tout à fait ! D'abord il faut redire que pour les AMAP, c'est bon, nous avons l'autorisation de continuer à faire tourner les AMAP. Tous les producteurs locaux organisés en AMAP, les livraisons continuent. Et on espère bien que tous ces producteurs et revendeurs des marchés vont s'organiser très vite pour faire des livraisons, éventuellement les connecter avec des commerçants sédentaires. on peut imaginer que ce soi un coup de fouet pour d'autres canaux de distribution, et que ça renforce le commerce local, que la livraison, ce ne soit pas réservé à des choses qu'on ne veut pas, comme Amazon.

Dans ce genre de crise, on se rend compte qu'on a du mal à faire vivre les producteurs locaux, ces productions locales sont pourtant les plus proches des consommateurs, mais ce sont les premières à trinquer.

C'est un peu attristant, mais il faut regarder ça positivement, en disant qu'on va développer de nouvelles solutions. Ceux qui étaient déjà dans le commerce de proximité et qui étaient déjà au goût du jour, moi par exemple, je connais des commerçants, qui faisaient déjà des livraisons chez leurs clients, ils vont augmenter cela. Là, ce que ça montre, c'est qu'il y a tout un pan de notre économie dont on veut prendre soin, celle des productions locales qui, on le voit n'était peut-être pas encore prête. Et qui se prend la crise de plein fouet. Mais on peut espérer qu'ils s'y mettent, que ça va être un accélérateur et ils ont sans doute autour d'eux, dans leur entourage, par exemple des développeurs informatiques qui peuvent les aider. Et qu'il y aura par la suite de nouveaux canaux de distribution, c'est le regard optimiste que je formule aujourd'hui.