Le grand écran du cinéma de Saint-Renan s'est rallumé pour une journée

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Par , France Bleu Breizh Izel, France Bleu Armorique
Le Bretagne a rouvert ce dimanche pour deux séances test avec une cinquantaine de spectateurs. © Radio France - Adeline Divoux

Pour marquer symboliquement l'anniversaire de la première fermeture des cinémas, celui de Saint-Renan (Finistère), "Le Bretagne", a projeté deux films gratuitement à une cinquantaine de spectateurs ce dimanche. Une action à l'appel de deux associations nationales : le GNCR et l'Acid.

Ce week-end des 13 et 14 mars 2021 marque l'anniversaire de la première fermeture des cinémas, conséquence de la crise sanitaire. Pour l'occasion, une vingtaine de salles obscures ont rouvert leurs portes pour une journée, répondant à l'appel lancé par le Groupement national des cinémas de recherche (GNCR) et l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (Acid). 

Parmi les établissements, le cinéma associatif Le Bretagne à Saint-Renan (Finistère), qui a projeté deux films pour une cinquantaine de spectateurs chacun ce dimanche. Le premier "Il mio corpo" de Michele Pennetta, prévu dans la programmation de la salle en décembre dernier, et le second, "Février" de Karmen Kalev, dans la sélection du Festival de Cannes 2020. "Les deux distributeurs (UFO-Distribution et Nour Films) nous ont mis ces films à disposition gratuitement pour qu'on puisse les diffuser lors d'une séance test. Pour le distributeur, c'est important, cela lui permet d'avoir des premiers retours d'un panel de spectateurs", assure Maxime Iffour, le programmateur du Bretagne. 

La distanciation respectée

Pour le cinéma, c'est un acte militant. "Le but c'est de prouver au gouvernement que nous sommes capables de recevoir du public dans des conditions sanitaires strictes, autant que les grandes surfaces ou les magasins de vêtement", indique le programmateur. "Avec une cinquantaine de spectateurs dans une salle de 300 places, le masque et le gel hydroalcoolique, on respecte amplement la distanciation", poursuit-il. 

Le Bretagne envisage de réitérer l'expérience avec d'autres séances test, sans penser au versant économique pour l'instant. "Le côté le plus important, c'est celui de l'expérience en commun. Dans cette période un peu trouble et un peu difficile psychologiquement, on ne comprend pas pourquoi les lieux de culture et en particulier les cinémas ne sont pas ouverts", glisse Maxime Iffour. Le programmateur va même plus loin : "C'est une mission d'intérêt général d'ouvrir le spectateur à une fenêtre sur le monde."

"Je suis un peu bouleversée"

"Je compte les semaines, c'est la vingtième sans cinéma", regrette Anne, grande cinéphile venue assister à l'une des deux séances. A la sortie du film, elle ne peut pas réprimer son sourire aux lèvres tant elle attendait avec impatience de retrouver le grand écran. 

"Il y a une qualité de son et un écran phénoménaux, on rentre vraiment dans l'histoire", lance à quelques rangées de là, Murielle, une autre passionnée. "C'est un plaisir que l'on avait oublié dans son salon", rit-elle. Si le popcorn est absent de ces séances spéciales, les émotions, elles, restent intactes. "Je suis un peu bouleversée, c'était un film émouvant", glisse quant à elle Solène.