Économie – Social

Après la fermeture de l'usine de la Seita de Riom, les producteurs de tabac inquiets

Par Charlotte Jousserand, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu lundi 14 août 2017 à 5:11

La fermeture de l'usine de la Seita à Riom en mai a été un grand coup de massue pour les salariés mais aussi pour les producteurs de tabac. Avec le plan social de la dernière usine de cigarettes françaises, ils craignent un affaiblissement de la filière tabacole française.

Thierry Arnaud est producteur de tabac à Riom depuis 32 ans. Il plante et coupe son tabac dans sa parcelle de 4 hectares située juste en face de l'usine imposante blanche d'Imperial Tobacco. Thierry Arnaud a vu passer les logos des différents propriétaires de l'usine jusqu'à la fin, la fermeture annoncée par Imperial Tobacco : "Une évolution, enfin si on peut appeler ça une évolution", déclare-t-il. Imperial Tobacco a décidé de délocaliser en Pologne.

"Un coup de massue sur la tête"

L'usine a fermé fin mai et les postes des 237 salariés seront officiellement supprimés au 30 septembre. C'est à cette date aussi que pourrait commencer le démantèlement de l'entreprise si le projet de Scoop préparé par les salariés n'aboutit pas. La fermeture, cela a été un coup dur pour Thierry Arnaud : "Après la fermeture de Nantes, on pensait qu'ils allaient garder le plus grand site et puis finalement non. Ca nous a mis un peu un coup sur la tête, mais c'est surtout pour les employés. On a toujours été solidaires avec eux".

Mais l'inquiétude est quand même là, reconnait Thierry Arnaud, "on avait un prix garanti, après si ça part autre part on ne sait pas. Pour le moment on a des commerciaux de Tabac France qui cherchent des marchés bon après on a toujours réussi à en trouver. On sait qu'il y a Imperial Japan qui serait intéressé. S'ils l'achètent au même prix qu'Imperial Tobacco ça va, sinon il y a aura souci".

Une filière qui "manque de soutien politique"

Les français fument 40.000 tonnes de tabac chaque année seulement 1/4 est produit dans l'hexagone. La filière tabacole française peut compter sur sa qualité et sur sa traçabilité estime Thierry Arnaud, "on a fait de gros efforts" mais ce qui manque c'est un véritable soutien politique selon Jean-Louis Duron, président du syndicat des producteurs de tabac d'Auvergne-Bourbonnais : "Aujourd'hui, aucun politique n'a envie de soutenir la filière française, alors que les produits sont tracés et de qualités exceptionnelle alors que demain, on ne saura plus d'où vient le tabac, où il est produit et où il est transformé".

Les salariés de la Seita de Riom sont en train de travailler sur un projet de reprise en scoop de l'entreprise avec une trentaine d'emplois sauvés. Ils présenteront leur projet à Imperial Tobacco avant le 30 septembre, date officielle de suppression de leurs postes mais aussi début du démantèlement de l'usine de Riom.