Économie – Social

Après "le bordel" d'Emmanuel Macron, les anciens Gad se sentent méprisés

Par Pauline Kerscaven, France Bleu Breizh Izel et France Bleu jeudi 5 octobre 2017 à 15:53

"Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d'aller regarder s'ils peuvent avoir des postes", a déclaré Emmanuel Macron alors que des salariés GM&S manifestaient en Corrèze. Les ex de Gad, déjà visés par une phrase du président, se sentent une nouvelle fois méprisés.

"Certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes." Cette phrase, signée Emmanuel Macron à propos des salariés de GM&S qui manifestent pour sauver leurs emplois, continue de susciter de nombreuses réactions. Parmi elles, celles des anciens Gad.

"Il n'a rien retenu du tout" Yvon, ancien Gad

Il y a trois ans, alors ministre de l'Economie, Emmanuel Macron avait traité les ouvriers de l'abattoir de Lampaul-Guimillau, fermé depuis, d’illettrés. Yvon Milin, ancien Gad, avait offert un paquet de pâtes alphabet au ministre venu s'excuser à Lampaul. Depuis la fermeture de l'abattoir, il a enchaîné les petits contrats, alors il se sent visé par la dernière phrase du président. "Il n'a rien retenu du tout. Cela ne se dit pas des choses comme ça. Même moi, ouvrier, je ne l'aurai pas dit. C'est inadmissible."

Aujourd'hui, Yvon est en contrat aidé dans une mairie du Nord-Finistère. Il reproche à Emmanuel Macron la suppression des CAE et garde une rancœur tenace contre le ministre de l'Economie de l'époque : "Moi je lui en veux toujours."

Emmanuel Macron, le président "du mépris"

Olivier Le Bras, aujourd'hui conseiller régional, était fer de lance dans la défense des Gad. Il est lui aussi choqué par les propos du président, "le président du mépris, pas celui du peuple". "Il démontre une nouvelle fois son mépris face à des gens en lutte pour sauver leurs emplois. Il n'a pas compris ce que nous avons vécu. Ce n'est pas digne d'un président de la République."

Les deux anciens salariés proposent tous les deux à Emmanuel Macron "de venir bosser, comme il le demande aux autres" dit Yvon. Olivier Le Bras invite le président "à venir passer quelques jours dans un abattoir. Il verra qu'il y a de l'humain derrière les entreprises".

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