Des pompiers du Nord en arrêt maladie : "Tout le monde craque"
mardi 22 mai 2018 à 18:01 Par Cécile Bidault, France Bleu Nord
En marge de la manifestation des fonctionnaires, ce mardi, à Lille, des pompiers lillois se sont rassemblés, avec leurs camions, devant la gare Lille Flandres. Ils étaient en service, pas en grève, mais voulaient marquer leur mécontentement face au sous-effectif. Les arrêts maladie se multiplient.
Les pompiers du Nord craquent, et ils veulent le faire savoir. Ce mardi après-midi, ils se sont joints, à leur manière, à la manifestation des fonctionnaires, à Lille. Ils n'étaient pas en grève, mais, en tenue, à bord de leurs camions rouges. Venus des trois casernes lilloises, ils se sont positionnés devant la gare Lille Flandres, actionnant leurs sirènes au passage du cortège.
Depuis quelques jours, chez ces pompiers professionnels, les arrêts maladie pour burn-out se multiplient. Selon la CGT, les trois quarts des effectifs de la caserne de Lille-Littré, soit une quarantaine de personnes, sont arrêtés depuis samedi. Les deux autres casernes, Bouvines et Malus, pourraient suivre. Quentin de Veylder, secrétaire général de la CGT chez les pompiers du Nord, affirme qu'il y a "de l'usure psychologique,, de l'usure physique, beaucoup de gens sont cassés. Un sapeur-pompier aime son métier. Pour qu'il se mette en arrêt, c'est que ça va très loin".
Un ras-le-bol général
En cause, selon les syndicats, les effectifs, passés de 2200 pompiers professionnels dans le Nord il y a deux ans, à 2000 aujourd'hui. Un pompier, qui souhaite rester anonyme, et qui travaille à la caserne Malus depuis une quinzaine d'années, "n'a jamais vu ça. Les effectifs baissent, et on nous en demande de plus en plus. Tout le monde commence à craquer. C'est un ras-le-bol général".
C'est la population qui est en danger
Pour faire face à ces arrêts maladie, des pompiers volontaires d'autres secteurs sont mobilisés à Lille. Quentin de Veylder, de la CGT, dénonce les risques que cela fait courir à la population : "ils viennent souvent des Flandres, ce sont des gens qui ne sont pas habitués aux joutes lilloises, qui ne connaissent pas le secteur. Les délais sont donc rallongés". Selon lui, cela fait courir des risques à la population : "c'est la population qui est en danger plus que les sapeurs-pompiers".
Le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Nord n'a pour l'instant pas donné suite à nos demandes de précisions sur ces arrêts maladie.