Économie – Social

Le beurre en rupture de stock dans les supermarchés bretons

Par Céline Guétaz, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu mardi 10 octobre 2017 à 19:08

Vous l'avez peut-être constaté dans votre supermarché, les rayons de beurre ne sont plus approvisionnés correctement. Ses ruptures de stocks sont liées à une forte augmentation de la demande mondiale. Le cours mondial du beurre n'a jamais été aussi élevé.

Allons-nous manquer de beurre ? Depuis une dizaine de jours, certaines enseignes ne sont plus approvisionnées normalement. Bertrand dirige un supermarché dans l'agglomération rennaise, dans les rayons de son magasin, il le constate : "cette semaine, je n'ai quasiment plus que du beurre de la marque Président à mettre en rayon, on n'a plus rien en Bridel, plus rien dans la marque Paysan breton, mon rayon est clairsemé, c'est ce qu'on appelle une rupture perlée c'est à dire que nous sommes en rupture sur une partie du rayon." Le dirigeant du magasin reçoit en principe tous les deux jours une cinquantaine de colis de beurre et de margarine, mais l'approvisionnement ne se fait plus normalement. Et il n'est pas le seul, plusieurs autres enseignes ont les mêmes difficultés d'approvisionnement.

Un affichage est prévu en magasin pour informer les consommateurs

"Notre direction va nous demander de mettre en place un affichage pour expliquer aux clients qu'il y a des difficultés d'approvisionnement, par manque de matières premières" indique le directeur du magasin.

La faute à une baisse de la production laitière et à une forte demande sur le marché mondial

"La production de lait a stagné, et la demande en beurre a beaucoup augmenté ces dernières années sur le marché mondial" explique Alain le Boulanger, le responsable de la FNIL dans l'Ouest (la fédération des industries laitières). Le beurre a la côte, y compris dans les pays asiatiques et aux Etats-Unis, où on le préfère aujourd'hui aux matières grasses végétales. Le marché est donc tendu ce qui provoque une hausse du cours mondial du beurre. La production de lait n'a pas suivie, et les producteurs de lait en n'ont pas vu le prix du lait augmenter, ce qui ne les a pas incité à produire plus" explique encore le représentant de la FDSEA 35, Loic Guines.

"C'est aussi le symptôme des relations difficiles entre industriels" et GMS - Alain le Boulanger

"La grande distribution refuse la hausse du cours mondial du beurre" explique Alain le Boulanger qui rappelle qu'en Allemagne, le prix de la plaquette de beurre a augmenté de 50% en un an, alors qu'il a augmenté seulement de 12% en France. La plaquette de 250 grammes vendue en supermarché en France est moins chère que sur le marché mondial. "Tant que la hausse n'est pas répercutée par les grandes surfaces, certains industriels vont choisir de vendre leur production à des clients fidèles au bon prix, plutôt qu'aux grandes surfaces. Il faut résoudre cette relation commerciale entre les grandes surfaces et les transformateurs, c'est l'un des enjeux des états généraux de l'alimentation" souligne le représentant de la FNIL Ouest.