Économie – Social

Un bilan "malheureusement plus que positif" pour l'épicerie solidaire d'Issoudun

Par Pierre Coquelin, France Bleu Berry vendredi 6 octobre 2017 à 4:33

Un an après son ouverture, l'Epicerie issoldunoise solidaire compte 286 adhérents. C'est près de trois fois plus que ce qui était prévu avant le lancement de la structure. Au total, l'Epis vient en aide à un millier de personnes dans le besoin.

Un "bouclier social". Depuis son ouverture le 14 septembre 2016, l'Epicerie Issoldunoise solidaire, l'Epis, vient en aide aux plus démunis d'Issoudun (Indre). "le but, c'est de permettre aux personnes en difficulté de se nourrir", explique Diane Zammit, la directrice de l'épicerie solidaire. Parmi les bénéficiaires, des personnes qui touchent le Revenu de solidarité active (RSA), des familles monoparentales (dont beaucoup de femmes seules avec enfants), des familles en difficulté financière, des étudiants, des retraités... A 95%, il s'agit d'Issoldunois."Un an après son lancement, le bilan est malheureusement plus que positif : on était partis sur 100 adhérents au départ, on est aujourd'hui à 286. preuve qu'on avait largement sous-estimé le besoin", ajoute la directrice. Chaque adhérent représente environ 3,5 personnes en moyenne, ce qui fait que l'établissement vient en aide à un millier de bénéficiaires.

Des produits à prix réduits

Nadia vient à l'EPIS depuis 6 mois. Cette mère de famille vit seule avec ses 2 petits filles. "ça nous aide pour les courses. Et puis c'est mieux que de rester à la maison". Liliane a 72 ans. "ça nous aide moralement. On vient là, on boit un petit café, on voit des gens. Et puis, côté prix, il n'y a pas photo : tous les 15 jours, j'en ai pour 7 à 10 euros".

Les prix représentent en moyenne 20% de ceux pratiqués en grande surface © Radio France - Pierre Coquelin

Sur l'étal, des légumes. Certains viennent des Jardins solidaires du centre municipal d'action sociale d'Issoudun. En 2017, ces jardins ont permis de récolter 151 kilos de pomme de terre. L'EPIS a aussi acheté 14 tonnes de produits auprès de la Banque alimentaire et 11 tonnes auprès d'autres partenaires, comme des grandes surfaces ou des commerces d'Issoudun. Les adhérents dépensent en moyenne 9,50 euros par passage. "Là par exemple, une femme s'en sort avec un panier de 12 euros de courses, contre 66 si elle avait du le faire dans un supermarché classique", commente une bénévole.

Une chaîne vertueuse

Pour faire tourner l'épicerie, 28 bénévoles, dont 20 qui se relaient régulièrement. Parmi eux, Dominique, une jeune retraitée. "Je ne voulais pas rester chez moi. il me fallait une occupation. Je n'imaginais pas qu'il y avait des personnes autant dans la détresse. Il a fallu que je vienne là pour m'en rendre vraiment compte. J'ai vraiment l'impression qu'on rend service. Ce qui me marque souvent, c'est de voir les gens compter les pièces de monnaie dans leur main. ça me fait beaucoup de peine", explique-t-elle. L'EPIS est ouverte deux demi-journées par semaine : le mercredi après-midi et le vendredi matin. Elle est même restée ouverte durant l'été.

Cette épicerie, "c'est une chaîne vertueuse", comme le maire, André Laignel. "Nous sommes en pourparlers pour avoir des locaux plus larges,d ans des quartiers populaires", explique-t-il. Au rayon projets également : développer les ateliers cuisine - il y en a eu 9 durant l'année - et santé. Un camion qui tournerait sur les communes aux alentours d'Issoudun est aussi à l'étude.