Faits divers – Justice

EXCLU - Ouverture d'une information judiciaire dans le cadre des intempéries mortelles d'octobre 2015 à Biot

Par Laurent Vareille, France Bleu Azur et France Bleu mercredi 2 mars 2016 à 6:00

Le procureur de Grasse a décidé d'ouvrir dans les prochains jours une information judiciaire contre X suite aux intempéries d'octobre dernier qui, sur Biot dans le Vallon des Combes, ont fait trois morts dans une maison de retraite.

Georges Guttierez, procureur de Grasse, a depuis quelques jours sur son bureau un rapport d'enquête de la gendarmerie de Cannes. Le document détaille ce qui s'est passé la nuit du 3 au 4 octobre 2015 dans le Vallon des Combes à Biot. Le rapport aborde sans doute tous les aspects et les conséquences de ces pluies diluviennes qui se sont abattues en quelques heures et qui ont causé la mort de trois pensionnaires de la maison de retraite Le Clos Saint-Grégoire.

Mais le représentant du ministère public n'est  apparemment pas totalement satisfait. Il dit manquer d'information pour, soit classer l'affaire, soit engager des poursuites. Alors il a décidé d'ouvrir une information judiciaire contre X et ainsi de confier toute l'affaire à un juge d'instruction.

Que s'est-il réellement passé ?

Le juge d'instruction qui sera en charge de l'enquête va devoir répondre à plusieurs interrogations. Pourquoi par exemple, est-ce une vague qui a déferlé dans ce vallon plutôt qu'une traditionnelle montée des eaux ? Les bassins de rétention en amont ont-ils joué leur jeu ? Étaient-ils en parfait état de fonctionnement ?

Et la zone, elle même, était-elle entretenue ? N'y avait-il pas des risques d’embâcles ? Pour résumer la justice va devoir comprendre ce qui s'est réellement passé dés le début de la soirée.

"Nous n'avons jamais été prévenu du passage en alerte par la préfecture" Guilaine Debras, maire de Biot

Mais la justice ne peut pas se contenter d'un pur travail hydrologique. Il faut également qu'elle comprenne qui à fait quoi ? Qui a donné l'alerte ou qui ne l'a pas fait ? Car les questions fusent dans le quartier. "Nous n'avons pas entendu de sirènes ", précise un habitant. "Le plan communal de sauvegarde a été déclenché trop tard" renchérit un chef d'entreprise. Les responsables de la maison de retraite disent, eux, avoir mis en place tout ce qui devait l'être en relation avec le niveau de vigilance communiqué par les autorités.

La maire de Biot, Guilaine Debras, s'est longuement exprimée sur France Bleu Azur et assure avoir déclenché une pré-alerte dés l'après-midi du 3 octobre mais pas plus. Pourquoi ? "Car la préfecture ne nous a jamais demandé de passer de vigilance orange à alerte orange !" Et que dire du central téléphonique de secours implanté en zone inondable et très vite inutile.

Plusieurs mois d'enquête

Le juge d'instruction va donc reprendre points par points l'enquête que vient de boucler la gendarmerie de Cannes. Il devra refaire le film de cette nuit. Calculer les heures de réactions des services publiques en fonction des conditions météo. Un travail qui prendra plusieurs mois.

Le reportage diffusé ce matin sur l'antenne de France Bleu Azur :