Faits divers – Justice

EXCLUSIF - Jean-Claude Romand, le faux médecin qui avait assassiné sa famille demande sa libération conditionnelle

mercredi 5 septembre 2018 à 21:20 - Mis à jour le mercredi 5 septembre 2018 à 22:19 Par Jonathan Landais, France Bleu Berry et France Bleu

Jean-Claude Romand a déposé une demande de libération conditionnelle. © Maxppp - Photographe: LE PROGRES

Une audience devrait avoir lieu le mardi 18 septembre prochain à la Maison centrale de Saint-Maur, dans l'Indre, où il est incarcéré, pour statuer sur la demande de libération conditionnelle déposée par Jean-Claude Romand.

INFORMATION FRANCE BLEU BERRY. Jean-Claude Romand, l'un des détenus les plus célèbres de France, incarcéré à la Maison centrale de Saint-Maur, près de Châteauroux, dans l'Indre, a déposé une demande de libération conditionnelle. Il avait été condamné à la réclusion à perpétuité en juin 1996 après avoir tué plusieurs membres de sa famille : sa femme, ses deux enfants et ses parents.

A l'époque des faits, commis en janvier 1993 à Prévessin-Moëns dans l'Ain et Clairvaux-les-Lacs dans le Jura, Jean-Claude Romand se faisait passer pour un brillant médecin de l'OMS alors qu'il était sans emploi. Il avait tué ses proches de peur qu'ils ne découvrent la vérité. Vingt-cinq ans après les faits, Jean-Claude Romand, aujourd’hui âgé de 64 ans, vient de déposer une demande de libération conditionnelle, révèle ce mercredi soir France Bleu Berry de sources proches du dossier.

Détenu libérable depuis 2015

On savait que Jean-Claude Romand était libérable depuis 2015 puisqu'il avait terminé sa période de sûreté. Il avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1996, avec une période de sûreté de 22 ans. Jusqu'en 2015 il ne pouvait bénéficier d'aucun aménagement de peine, mais depuis deux ans et demi Jean-Claude Romand pouvait tout à fait déposer une demande de libération conditionnelle, ce qu'il vient de faire.

Selon nos informations, cette requête devrait être examinée le mardi 18 septembre prochain, dans moins de deux semaines, lors d'une audience d'application des peines à la Maison centrale de Saint-Maur, en présence de son avocat et de la juge d'application des peines du tribunal de Châteauroux.

Un projet de réinsertion déjà bien avancé

Si cette demande est acceptée, et si le Parquet ne fait pas appel de la décision, Jean-Claude Romand pourrait être libéré avant la fin du mois de septembre. D'après nos informations, son projet de réinsertion serait déjà très avancé, il aurait rencontré ses futurs employeurs. Pour que sa demande de libération conditionnelle soit acceptée, il doit en effet présenter un dossier solide : avoir retrouvé un travail, un hébergement, donner des garanties de réinsertion sur le plan financier.

Comme le veut la procédure pour tous les condamnés à perpétuité qui sollicitent une telle demande, Jean-Claude Romand a dû séjourner plusieurs semaines dans l'un des centres d'évaluation nationale de l'administration pénitentiaire, et après l'avoir vu, les experts psychiatres auraient déjà donné leur feu vert à une libération conditionnelle. "Jean-Claude Romand peut prétendre à une telle demande", confie une source proche du dossier, car "c'est un détenu qui ne pose aucune difficulté". 

Si la demande est acceptée, reste à savoir quelle forme elle prendra. La juge d'application des peines peut décider que cette libération conditionnelle soit subordonnée à une période probatoire de semi-liberté, de placement extérieur ou de placement sous surveillance électronique.

Un fait divers très médiatique

France Inter avait consacré son émission "Affaires sensibles" à Jean-Claude Romand en septembre 2014. Vous pouvez réécouter le podcast de l'émission présentée par Fabrice Drouelle en cliquant sur ce lien. France 2 était également revenue sur l'affaire dans l'émission "Faites entrer l'accusé", présentée à l'époque par Christophe Hondelatte. Ce fait divers, l'un des plus médiatiques en France ces trente dernières années, a donné lieu à plusieurs livres, dont L'Adversaire, du romancier Emmanuel Carrère, adapté au cinéma en 2002 par Nicole Garcia, avec Daniel Auteuil dans le rôle titre.