Faits divers – Justice

"J'ai failli mourir" : un gilet jaune oléronais témoigne après avoir perdu son oeil dans une manifestation

dimanche 16 décembre 2018 à 18:47 Par Simon Soubieux, France Bleu La Rochelle, France Bleu Gironde et France Bleu

Jean-Marc a perdu son oeil durant cette manifestation bordelaise. - Capture d'écran

Jean-Marc habite à Saint-Georges d'Oléron. Le samedi 8 décembre, il participait à une manifestation de gilets jaunes à Bordeaux. Il a été touché en pleine tête par un tir de flash ball et a perdu son oeil droit. Il va porter plainte contre le gouvernement. Il témoigne sur France Bleu La Rochelle.

Jean-Marc, prénommé "Jim", est un gilet jaune oléronais de 41 ans. Il fait partie de ces Français gravement blessés au cours des multiples affrontements avec les forces de l'ordre pendant les manifestations de ces dernières semaines. Le samedi 8 décembre à Bordeaux, il a perdu son œil droit après avoir été touché en pleine tête par un tir de flash ball. 

"J'ai vu le policier à vingt mètres de moi pointer son arme sur moi. J'ai juste eu le temps de lever les bras. Et ensuite, je ne me souviens plus de rien." - Jean-Marc

Jean-Marc raconte qu'il participait pacifiquement à la manifestation jusqu'à ce que des casseurs fassent irruption dans le cortège. C'est à ce moment que les forces de l'ordre sont intervenues pour disperser la foule. "Les policiers nous visaient, qu'on soit pacifistes ou pas. J'ai reçu des tirs dans les jambes, puis j'ai vu un policier à vingt mètres pointer son arme sur moi et me viser la tête. J'ai juste eu le temps de lever les bras pour dire que je n'avais rien à voir avec tout ça. C'est la dernière chose dont je me souviens.

"Je me suis réveillé à l'hôpital avec un œil en moins et le côté droit du visage totalement enfoncé." - Jean Marc 

Ce sont plusieurs heures après le choc que Jean-Marc s'est réveillé à l'hôpital. "Ma femme est les médecins m'annoncent que j'ai perdu mon œil droit. J'avais le côté droit du visage totalement enfoncé. Les médecins me disent que je m'en sors plutôt bien et que j'aurais pu mourir.

Jean-Marc a aussi été touché aux jambes par des tirs de flash ball. - Capture d'écran

Alors qu'il venait d'être embauché dans les vignes d'Oléron moins d'une semaine avant la manifestation (le 3 décembre), Jean-Marc a dû quitter son emploi à cause de sa blessure. 

Il compte porter plainte rapidement auprès du procureur de la République et auprès de l'IGPN contre le gouvernement et contre le président de la République.