Faits divers – Justice

Landes : elle donnait des anxiolytiques à sa fille de 2 ans pour la calmer

mardi 11 septembre 2018 à 19:13 Par Frédéric Denis et Marion Dambielle-Arribagé, France Bleu Gascogne et France Bleu

Cette mère âgée de 37 ans a été condamnée à 6 mois de prison avec sursis © Maxppp - Jean-François Frey

Une mère de famille de 37 ans a été condamnée à 6 mois de prison avec sursis ce mardi par le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan. Elle avait donné des médicaments à sa fille de 2 ans, car elle la trouvait trop agitée.

Une maman de Labastide-d'Armagnac, âgée de 37 ans, a été condamnée à 6 mois de prison avec sursis mardi après-midi par le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan pour avoir donné des anxiolytiques et des neuroleptiques, en l'occurrence du Lexomil et du Tercian, à sa fille qui avait alors 2 ans. Les faits se sont déroulés entre septembre 2016 et janvier 2017.  Son mari, âgé de 45 ans, écope lui de quatre mois de prison avec sursis pour l'avoir laissé faire. 

Des traces d’anxiolytiques retrouvées dans les cheveux

C'est en fait une assistante familiale qui a donné l'alerte, début 2017. Elle repère des traces suspectes sur les fesses de la petite fille, Ayana-Bella, qui a été placée. Elle trouve aussi qu'elle est souvent endormie. Faute de preuves, les parents ne sont pas poursuivis pour violence mais une analyse des cheveux d'Ayana-Bella révèle qu'elle a ingéré du Lexomil et du Tercian

Des concentrations faibles, mais ces anxiolytiques et neuroleptiques peuvent nuire au développement intellectuel d'un enfant de cet âge. Pourtant, les parents ont déjà été avertis du caractère toxique de ces médicaments, rappelle la procureure : deux de leurs enfants ont déjà été placés en famille d'accueil pour les mêmes raisons en 2013

Du Lexomil dans le biberon

La représentante du parquet décrit des parents dangereux, qui récidivent malgré les avertissements. Des parents criminels, renchérit même l'avocate de la petite fille, dressant le portrait d'une mère nuisible qui met la santé de son bébé en danger pour avoir la paix. 

"Ce n'était qu'un demi cachet de Lexomil par semaine, dans un biberon de coca, pour la calmer", précise le père lors d'une confrontation. Il affirme qu'il laissait faire pour éviter d'entrer en conflit avec son épouse, qui, elle, conteste les faits. Un psychiatre l'a décrite en 2013 comme une femme au quotient intellectuel bas, une personnalité borderline. Depuis, elle n'a pas été suivie précise son avocate, pour qui cette trentenaire n'était pas en capacité de comprendre qu'elle mettait son enfant en danger.

Déjà inquiétée en 2013 pour des faits similaires

La maman avait en effet déjà été inquiétée en 2013 pour des faits similaires sur deux autres de ses cinq enfants, mais la procédure avait été classée sans suite, un psychiatre ayant décelé une altération de la personnalité. Les deux enfants avaient alors été placés en famille d'accueil. La petite Ayana-Bella a été placée elle-aussi. Ses parents peuvent voir leur fillette une heure par mois, de façon séparée, chacun leur tour.

Les peines prononcées par le tribunal montois sont plus clémentes que les réquisitions de la procureure, qui avait requis 18 mois de prison avec sursis à l'encontre de la mère et 12 mois avec sursis pour le père.