Faits divers – Justice

Le procès de l'affaire Merah s'est ouvert à Paris dans une ambiance très tendue

Par Olivier Uguen et Olivier Lebrun, France Bleu Toulouse et France Bleu lundi 2 octobre 2017 à 10:38 Mis à jour le lundi 2 octobre 2017 à 23:50

Cinq ans après les faits, le frère du "tueur au scooter" est jugé depuis ce lundi matin pour "complicité d'assassinats" par la Cour d'assises d'appel de Paris. Il est notamment soupçonné d'avoir aidé son frère à voler le scooter utilisé pour les attentats de mars 2012 à Montauban et à Toulouse.

C'est dans un contexte de menace terroriste élevée, au lendemain de l'attentat revendiqué par l'organisation Etat islamique qui a coûté la vie à deux personnes gare Saint-Charles à Marseille, et alors qu'une fusillade a fait plus de 50 morts et 400 blessés ce lundi à Las Vegas aux Etats-Unis selon un dernier bilan, que s'est ouvert ce lundi matin le procès de l'affaire Merah devant la Cour d'assises de Paris.

"Les faits sur lesquels nous allons nous prononcer sont terribles"

"Les faits sur lesquels nous allons nous prononcer sont terribles", a expliqué le président Franck Zientara à l'ouverture du procès, en demandant aux parties au procès et au public à ce que les débats, prévus sur un mois, se déroulent dans "un climat apaisé empreint de dignité".

"Complicité d'assassinats"

Sur le banc des accusés, cinq ans après les attentats de Toulouse et Montauban dans lesquels sept personnes ont été tuées - trois militaires et quatre membres de la communauté juive, dont trois enfants de l'école Ozar Hatorah : Abdelkader Merah, le frère de Mohamed Merah, est poursuivi pour "complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste".

Il est soupçonné d'avoir aidé son frère à préparer ses tueries, "au nom d'un groupe affilié à Al Qaida", notamment en participant au vol du scooter de grosse cylindrée utilisé pour les crimes à Montauban et à Toulouse. Abdelkader Merah, qui aurait également été le mentor de son frère cadet, le soutenant dans sa folie terroriste, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Autre accusé : Fettah Malki, un délinquant toulousain du quartier des Izards âgé de 33 ans, est lui renvoyé aux assises pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Il a reconnu avoir fourni à Mohammed Merah un pistolet mitrailleur Uzi, des munitions et le gilet pare-balles que portait Mohamed Merah lors de l’assaut des policiers du Raid. Il risque 20 ans de prison.

"Mohamed est coupable. Abdelkader est innocent"

Les deux accusés Abdelkader Merah et Fettah Malki ont fait leur entrée dans la salle d'audience peu après 10h30 ce lundi matin. A leur arrivée dans le box, ils ont été appelés à décliner leur identité et leur profession. "Peintre en bâtiment", a indiqué Abdelkader Merah, 35 ans, barbe noire fournie, cheveux long noués en queue de cheval, tout de blanc vêtu. "Pizzaïolo", a répondu Fettah Malki, vêtu de noir.

Avant que les auditions et les débats ne commencent, le président de la Cour a ensuite procédé à l'appel des 232 parties civiles, des experts et des témoins.

Une ambiance extrêmement tendue

Les familles des victimes ont été confrontées souvent pour la première fois à l'accusé. Abdelkader Merah, le frére ainé de Mohamed Merah, est apparu dans le box des accusés avec une longue barbe, à la mode salafiste. Un incident a éclaté dans la salle d'audience quand la mère des frères Merah présente à l'appel des témoins a fait un signe de la main vers son fils. Samuel Sandler dont le fils et deux de ses petits fils ont été assassinés aux portes de l'école Ozar Hatorah ne l'a pas supporté. "Mohamed est coupable, a déclaré la mère des frères Merah devant les caméras à la sortie de la salle d'audience. Abdelkader est innocent".

Le récit de cette première journée tendue pour les familles de victimes.

La Défense du frère du "tueur au scooter" compte démontrer qu'aucun élément matériel ne le relie aux crimes de son cadet.

Ce procès hors-norme doit durer cinq semaines, jusqu'au vendredi 3 novembre.