Faits divers – Justice

Paris : au cœur de la chasse aux pickpockets dans le métro

lundi 13 août 2018 à 13:22 Par Sylvie Charbonnier, France Bleu Paris et France Bleu

le centre de commandement de la Brigade des Réseaux Ferrés © Radio France - Sylvie Charbonnier

Ils sont un millier, au sein de la brigade des réseaux ferrés, à assurer notre sécurité dans les transports en région parisienne. Ils font la chasse aux pickpockets dans le métro et surveillent les caméras de vidéo-protection, pour interpeller les malfaiteurs. Nous les avons suivis sur une filature.

L'an dernier, ce sont 2.130 malfaiteurs qui ont été arrêtés dans les transports parisiens, soit en flagrant délit par les policiers de la brigade des transports, soit après avoir commis un vol ou une agression, grâce au système de vidéo-protection qui maille le métro et le RER.

Les pickpockets en pleine action en période estivale

L'été, les vacances avec leur afflux de touristes relance l'activité des pickpockets. Un téléphone portable dans une poche arrière de pantalon, un sac ouvert, un porte-feuille trop apparent, rien de plus simple à voler. D'où les recommandations du commissaire Hue-Lacointe, responsable du réseau francilien de la Brigade des transports : "Garder son sac devant soi, même les sacs à dos, garder son téléphone à la main, surtout quand il est raccordé à des écouteurs car, on tire sur les écouteurs, le téléphone suit et le voleur part avec !

le métro parisien sous haute surveillance © Radio France - Sylvie Charbonnier

Des policiers en civil pour prendre les voleurs en flagrant délit

Toute la journée et le soir, jusqu'à fermeture du métro, des policiers en civil sillonnent les rames observent, repèrent les comportements suspects, pour prendre les voleurs la main dans le sac. Ce vendredi, France Bleu Paris a accompagné cinq de ces fonctionnaires. Impossible de les repérer : ils ont l'allure d'une mère de famille, d'un étudiant casque sur les oreilles et casquette à l'envers, d'un sportif ou d'une dame en blouson de jean. Rien ne peut faire penser qu'il s'agit de policiers. Ils circulent ensemble, en faisant mine de ne pas se connaître. 

Pas un regard échangé, les communications se font discrètement par téléphone. Quand l'un des cinq repère un comportement suspect, par exemple un individu qui fait subitement demi-tour ou qui regarde d'un peu trop près dans le sac des femmes, ou qui erre sans direction définie, les fonctionnaires se mettent en chasse. Ils prennent le suspect en filature, qui peut les emmener jusque dans les rues de Paris, parfois pendant de longues minutes, jusqu'à ce que le voleur passe à l'acte et se fasse prendre en flagrant délit. 

le centre de commandement de la Brigade des Transports © Radio France - Sylvie Charbonnier

Le métro, en permanence sous l'oeil des caméras

Pour épauler ces policiers, dans les sous-sols de la direction de la RATP, près de Bercy, se tient le centre de commandement de la brigade des transports. Dans la grande salle, un mur d'écran, pour surveiller les allers et venues des usagers et éventuellement, les comportements suspects des pickpockets et le centre d'appel, où arrivent tous les signalements. 

Lorsqu'un délit vient d'être commis ou lorsqu'un pickpocket est repéré par les fonctionnaires en surface, un signalement arrive ici, au standard. C'est de là que des équipes sont envoyées pour intercepter le malfaiteur. Pour cela, il est suivi, par les caméras de vidéo-protection, qui, de l'une à l'autre caméra, se passent le relais pour le filer, à distance, jusqu'à son interpellation. Comme le dit le commissaire Hue Lacointe, "il faut savoir que quasiment tout se qui se passe dans le métro est vu et enregistré et que la probabilité, pour un malfaiteur, de se faire prendre, est beaucoup plus importante que dans la rue, où les caméras sont moins nombreuses". 

Les chiffres sont d'ailleurs là pour en attester. Depuis le début de l'année, ce sont déjà près de 1.500 pickpockets qui ont été arrêtés, en flagrant délit ou quelques heures ou jours après leur délit.