Paris : Un local du restaurant le Petit Cambodge squatté par des associations écologistes

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Par , France Bleu Paris
Un groupe d'associations écologistes squatte le local loué par les gérants du Petit Cambodge à Paris. © Radio France - Lise Roos-Weil

Depuis la mi-novembre, plusieurs associations écologistes occupent un local en travaux pour dénoncer la gentrification. Locataires de cet espace, les gérants du Petit Cambodge espéraient y ouvrir un nouveau restaurant prochainement.

De l’extérieur, les fenêtres sont barricadées. Et en grosses lettres sur la devanture une inscription : "ce local est squatté pour lutter contre la gentrification", l'embourgeoisement des quartiers populaires.  Depuis la mi-novembre, un groupe de militants, de divers associations, notamment écologistes, occupe ce local en travaux, avenue Claude Vellefaux, dans le Xème arrondissement, pourtant loué par les gérants du restaurant Le Petit Cambodge. A l’intérieur, des canapés, des fauteuils...l’espace est totalement réaménagé. Les militants souhaitent en faire un "centre social auto-géré et solidaire".

Une situation révoltante pour les gérants du Petit Cambodge, qui ont obtenu ce nouvel espace en décembre 2015, après les attentats terroristes qui ont touché leur restaurant rue Alibert.  Ils ont appris l'occupation des lieux plus de 48h après l'intrusion, impossible donc de déloger les squatteurs. Sans réponse de la mairie à leurs courriers, ils ont porté plainte pour violation de domicile et demandent l'expulsion immédiate des squatteurs.

C'est un peu révoltant de se dire que, alors que nous on est fermés et qu'on ne peut pas accueillir de clients, on a des gens qui organisent des apéros de quartier dans ce futur restaurant

Après trois ans de travaux et un million d'euros investis, les gérants espéraient ouvrir dans ce local un nouveau restaurant prochainement. "Aujourd'hui c'est un local qui est indisponible, dans lequel on ne peut pas faire les finitions, explique Simon Octobre, directeur général. On a du matériel stocké en banlieue parisienne qu'on ne peut pas rapatrier. Tout est remis à demain." Le loyer de 5 000 euros mensuel court toujours et six salariés, formés pour venir travailler dans ce futur restaurant, sont dans l'incertitude. 

Depuis la mi-novembre, les squatteurs occupent le local pour lutter contre la gentrification. © Radio France - Lise Roos-Weil

"C'est un peu révoltant de se dire que, alors que nous on est fermés et qu'on ne peut pas accueillir de clients, on a des gens qui organisent des apéros de quartier dans ce futur restaurant, lâche Simon Octobre. C'est une forme d'injustice. Donc quand ces gens dénoncent d'autres injustices, c'est à double tranchant."

Les militants dénoncent une énième activité marchande dans le quartier

Les militants n'ont pas souhaité répondre à nos questions. Dans leur communiqué, ils dénoncent un lieu inoccupé depuis cinq ans, qui devrait servir à la solidarité plutôt qu’à une nouvelle activité marchande. Ils veulent par ce geste lutter contre la gentrification et la spéculation immobilière, notamment dans le quartier de la Place Saint-Marthe, dans le Xème arrondissement.

Le gérant du Petit Cambodge l’assure : ce ne sont pas ces associations et leurs valeurs qui sont visées par cette assignation en justice mais la méthode employée. L'audience au tribunal judiciaire de Paris se tient ce vendredi 18 décembre.