Faits divers – Justice

Dijon : une femme condamnée à six mois d'emprisonnement pour escroquerie à la sécurité sociale

Par Stéphane Parry, France Bleu Bourgogne et France Bleu vendredi 6 octobre 2017 à 11:49

Le tribunal correctionnel de Dijon examinait ce vendredi le cas d'une dijonnaise. En 2014 et 2015, cette femme âgée de 37 ans a consulté vingt trois médecins pour se faire délivrer du Levothyrox et du Stilnox. A chaque fois elle changeait d'identité pour tromper l'assurance maladie.

C'est une femme aux traits tirés qui se présente devant le tribunal sans avocat pour la défendre. Rachida est incarcérée depuis le 6 septembre 2017 à la maison d'arrêt de Dijon où elle purge une peine pour des escroqueries commises avant 2014. Cette fois, la justice veut l'entendre pour des faits récents. Entre 2014 et 2015, à Saint-Apollinaire, Chenôve ou encore Dijon, elle se présente chez plusieurs médecins dans le but de se faire prescrire du Levothyrox pour la thyroïde et du Stilnox, un somnifère : "Je suis addict aux médicaments depuis 2010. J'en ai besoin pour soulager mes douleurs et pour dormir", lance cette mère de deux enfants à la présidente du tribunal qui l'interroge sur la quantité importante de médicaments prescrits.

La sécurité sociale déclenche une alerte en mai 2015

Pour ne pas être repérée, elle consulte vingt-trois médecins et dix sept pharmacies. A chaque fois, elle change d'identité. Chez certains, elle va même jusqu'à voler des ordonnances. Chez elle, les enquêteurs retrouvent des dizaines de faux documents et des centaines de boîtes de médicaments. Au point que dans ses réquisitions, le procureur évoque un trafic possible sans toutefois avancer la moindre preuve. Devant la quantité importante de médicaments achetés, en mai 2015 la caisse primaire d'assurance maladie déclenche une alerte.

Filouterie de taxi

Au total, la trentenaire a abusé de vingt cinq personnes, des médecins, des pharmaciens et aussi un chauffeur de taxi à qui elle a laissé un soir où elle était en manque une ardoise de 150 euros et un faux nom. Au final, le tribunal correctionnel l'a condamnée à 18 moins d'emprisonnement dont 12 avec sursis ainsi qu' à une obligation de soins. Comme elle purge déjà une peine de 6 mois ferme, le tribunal a décidé la confusion des deux peines.