Faits divers – Justice

Trois ans de prison pour l'épicier manceau qui vendait du cannabis

Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine et France Bleu vendredi 6 octobre 2017 à 19:04

Un commerçant de 59 ans à été condamné ce vendredi par le tribunal du Mans à trois ans de prison pour trafic de drogue et détention d'arme. Des consommateurs venaient se fournir dans son épicerie du quartier de la gare. Il a été dénoncé par l'un d'eux, contrôlé à sa sortie de l'échoppe.

Il ne vendait pas que des biscuits et des sodas dans son épicerie située prés de la gare du Mans. Vendredi, un commerçant marocain de 59 ans à été condamné par le tribunal du Mans à trois ans de prison pour trafic de drogue et détention d'arme. Il a été dénoncé par l'un de ces clients, contrôlé dimanche soir par les policiers avec trois grammes de cannabis, alors qu'il sortait de la boutique aux vitres teintées, à l'angle du boulevard Robert-Jarry et de la rue de Lorraine. Un quart d'heure plus tard, quand les policiers débarquent dans le magasin, ils mettent la main sur trois morceaux de cannabis, 875 € en liquide et une carabine, derrière le comptoir, avec une centaine de munitions. Lors d'une perquisition à son domicile, ils découvriront six kilos et de demi de résine.

Trapu et bedonnant, le prévenu à la moustache et aux cheveux gris répond le plus souvent aux questions du tribunal par un haussement d'épaules. "Les six kilos et demi de cannabis, vous les avez achetés à qui ?", demande le président. "Un type dans la rue, je l'ai rencontré à Pontlieue, il m'a proposé l'affaire, c'était pas cher..." Le prévenu précise : c'était pour sa propre consommation, même s'il dépannait de temps en temps. "On parle de trafic, renchérit son avocate, Me Braber, mais on n'a qu'un seul client ! Ça ne démontre rien." Quant à la carabine, "je ne sais pas comment elle est arrivée là... Je ne l'avais jamais vue", explique le commerçant.

Cinq comptes en banque bien remplis

Officiellement, l'épicerie d'Ahmed Mtalssi n'était pas en très bonne santé. Lors du dernier exercice, l'entreprise affichait même un déficit de 3 900 €. Le gérant déclare d'ailleurs des revenus modestes : 1 300 € de salaire mensuel. Il n'est pas imposable. Alors forcément, son patrimoine et la bonne santé de ses cinq comptes en banque intrigue le tribunal : 25 000 € sur le compte joint, 17 000 € sur son compte personnel, 21 000 € sur le livret A, sans compter deux assurances vie. Et un immeuble acheté avec son frère en 2005 d'une valeur de 180 000 €. "D'où vient tout cet argent ?", interroge donc le président. Réponse : "Je joue tous les jours au PMU depuis 30 ans".

La procureure souligne les explications à la fois simplistes et confuses du prévenu. Pour elle pas de doute : ces revenus sont issus du trafic de drogue. Et son épicerie n'est qu'une couverture. Elle requière trois ans de prison. Reçus PMU à l'appui, son avocate insiste : "Rien que depuis 2011, il a engrangé 204 000 € de gains et je le prouve !" Mais l'argument n'a pas franchement convaincu le tribunal, qui prononce, en plus de la peine de prison, la fermeture définitive de l'épicerie.