Politique

Législatives dans la Loire : les sortants en difficulté

Par Julien Corbière, France Bleu Saint-Étienne Loire lundi 24 avril 2017 à 17:35

L'étude dans le détail des résultats du premier tour de l'élection présidentielle dans la Loire démontre que les députés sortants sont en difficulté. Même si l'élection n'est pas la même et que beaucoup de choses peuvent encore changer d'ici deux mois, les scores sont sévères.

Plus que jamais, les prochaines élections législatives, au mois de juin, feront figure de troisième tour de l'élection présidentielle. Que ce soit Emmanuel Macron ou Marine Le Pen qui accèdent à l'Élysée au soir du 7 mai, l'enjeu pour le Président ou la Présidente sera de se trouver une majorité pour gouverner. Et ce ne sera pas simple vu que leurs formations politiques n'existent pas ou peu pour l'instant à l'Assemblée. France Bleu Saint-Étienne Loire s'est penché sur les résultats de ce premier tour dans les six circonscriptions de la Loire, pour voir ce qui était imaginable dans deux mois, à l'issue de ces législatives, avec évidemment toutes les précautions qui s'imposent. Ce qui est certain, c'est que les sortants peuvent se faire du souci.

La gauche s'écroule...

Ce n'est pas une surprise au vu des résultats nationaux. La situation paraît particulièrement difficile pour le sortant de la première circonscription à Saint-Étienne, le socialiste Régis Juanico proche de Benoît Hamon qui prend de plein fouet le refus de son candidat. Le parti a perdu pas moins de 13 000 voix - soit 75% de son électorat - entre les premiers tours de 2012 et de 2017. Dans des élections législatives, Régis Juanico serait éliminé dès le premier tour. Même hémorragie dans la deuxième circonscription, l'autre de gauche, celle de Jean-Louis Gagnaire : même si la situation n'est pas comparable puisque le sortant socialiste a finalement soutenu Emmanuel Macron et surtout il n'est pas candidat à sa succession.

La droite existe...difficilement

Dans les quatre autres circonscriptions détenues par la droite, les sortants seraient tous au deuxième tour, mais de justesse pour Dino Cinieri dans le quatrième, celle de l'Ondaine/Le Pilat. Dino Cinieri passe péniblement la barre des 12,5 % des inscrits, avec 12,75%. C'est un tout petit peu plus confortable dans la plaine et le Roannais pour les deux autres sortants LR, Paul Salen et Yves Nicolin, mais ils perdent tous les deux 7000 voix entre les premiers tours de 2012 et 2017. Enfin dans la troisième, celle de Saint-Chamond/Vallée du Gier détenue par l'UDI François Rochebloine, la droite a perdu la moitié de ses voix en cinq ans.

De 0 à quatre quadrangulaires imaginables

Il n'est pas question ici d'affirmer que ces sortants vont perdre. Le député est d'abord un élu de terrain qui connaît ses électeurs et son territoire. L'autre grande variable pour les semaines à venir, c'est évidemment le résultat du 7 mai, et les négociations et ralliements qui pourraient s'ensuivre. Mais ces élus des partis traditionnels sont logiquement - comme leur candidat à la présidentielle - en danger. Si on reprend les chiffres de dimanche et qu'on les applique au premier tour des législatives, on se dirigerait vers 4 quadrangulaires. On ne pouvait en envisager aucune il y a cinq ans. L'électorat est plus que jamais dispersé dans la Loire, et donc incertain...

Parmi ces sortants, deux ont annoncé qu'ils ne se représentaient pas : Jean-Louis Gagnaire dans la deuxième et Yves Nicolin, touché par le cumul des mandats, dans la cinquième.