Dossier : Coronavirus

Coronavirus : une action en justice de soignants contre l'Agence régionale de santé du Grand Est

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Le tribunal administratif de Nancy. © Radio France - Isabelle Baudriller

L'Agence régionale de santé du Grand Est est poursuivie en référé devant le tribunal administratif de Nancy par deux syndicats de soignants, des médecins et des infirmiers libéraux, pour sa gestion de la crise sanitaire. D'autres actions contre les ARS de Corse, PACA et Ile-de-France sont menées.

Ils veulent frapper fort : les syndicat des médecins d'Aix et de sa région (SMAER) et des infirmiers libéraux Infin'idels saisissent en référé les tribunaux administratifs de Paris, Marseille, Bastia et Nancy pour poursuivre les ARS des régions les plus touchées par l'épidémie de coronavirus. A Nancy, l'audience s'est tenue ce vendredi, et la décision est attendue pour le lundi 6 avril.

"ARS : faites des stocks d'hydroxychloroquine"

L'objet de ces actions ? Ils demandent aux Agences régionales de santé de constituer des stocks des deux molécules hydroxychloroquine et azythromicine, le fameux traitement controversé préconisé par le professeur Didier Raoult. Selon ces syndicats, il ne faut pas attendre les résultats des tests cliniques, menés actuellement dans le cadre de l'essai Discovery.

Le président du syndicat des médecins d'Aix et de sa région, le docteur Daniel Latil d’Albertas, regrette d'ailleurs que l'Etat ait durci l'accès à ces molécules en pharmacies. "Ce qu'on demande, c'est que les stocks d'hydroxychloroquine soient à la disposition des hospitaliers, des médecins et qu'on ne laisse pas les médecins de ville avec des tests positifs sans traitement devant cette maladie, explique-t-il. 

Tout n'est pas prêt pour sortir de la crise au plus vite.

"C'est le fait qu'on soit dans une situation de guerre qui nous amène à faire ces recours et dire aux Agences régionales de santé : faites des stocks et permettez aux médecins de le prescrire, avec parcimonie, comme tous les médicaments", ajoute le docteur Daniel Latil d'Albertas. Le président du syndicat des médecins d'Aix et de sa région, adepte de la voie contentieuse, a vu sa première requête rejetée par le conseil d'Etat. Elle portait également sur la chloroquine, mais aussi sur les dépistages et la pénurie de masques.