Santé – Sciences

Les pharmaciens de Poitiers vaccinent contre la grippe

Par Clémence Dubois-Texereau, France Bleu Poitou vendredi 6 octobre 2017 à 18:54

Depuis le 6 octobre, les pharmaciens de la Nouvelle-Aquitaine peuvent vacciner les patients qui le souhaitent contre la grippe. Dans la région, 1.156 pharmaciens ont actuellement fait la formation adéquate.

Pas question de faire la vaccination sur un bout de comptoir mais bien dans une pièce dédiée. "Il faut un minimum de confidentialité" explique Christophe Marchand, de la pharmacie de la Madeleine à Poitiers. Mais lui, ne pourra pas faire de vaccination. "On n'a pas la place cette année, il faut un point d'eau" explique-t-il. Résultat il va devoir réaliser quelques travaux en espérant pouvoir vacciner l'année prochaine : "ce n'est pas très grave. On a un cabinet infirmier et médical juste à côté" indique-t-il.

La salle orthopédique sert désormais aussi aux vaccins. © Radio France - Clémence Dubois-Texereau

A la pharmacie de Provence en revanche, on a bien un espace spécifique. Le coin orthopédie a donc désormais une double utilisation. Et ça fait un an qu'on souhaite vacciner les patients. "Ils nous le demandaient depuis longtemps" explique Guillaume Héliot l'un des deux pharmaciens formés avant de poursuivre " ça leur permet de venir, se faire vacciner, ça leur évite un trajet, ils gagnent du temps." La pharmacie a déjà eu son premier patient. Guillaume Héliot s'en félicite : "il n'a pas hurlé quand je l'ai piqué. Il vient tous les ans, il en avait entendu parlé, il était motivé, ça s'est bien passé."

Une formation théorique et pratique

Une journée de formation a été nécessaire pour pouvoir vacciner. La pratique d'abord pour avoir le "bon geste" selon Guillaume Héliot et maîtriser les normes antiseptiques mais aussi à la théorie : "c'est essentiellement la rotation des souches. Le vaccin de la grippe change ou pas mais il est réévalué tous les ans" note le pharmacien des Couronneries. Seuls les volontaires ont participé à cette journée qui coûte entre 300 et 400 euros. En Nouvelle-Aquitaine, 50% des officines ont joué le jeu.

Et puis il y a ceux qui ne souhaitent pas avoir cette nouvelle compétence. C'est le cas de Sophie Marchand: " j'estime que ce n'est pas dans mes prérogatives. Nous avons des médecins et des infirmiers. Ils n'empiètent pas sur les miennes. C'est à eux de vacciner sauf dans les déserts médicaux. Là, on doit rendre ce service à la population pour que la couverture vaccinale soit faite dans de bonnes conditions."

Pour le président régional de l'ordre des pharmaciens, Jean-Marc Glémot, il n'est pourtant pas question de se substituer au médecin. "On ne vaccine pas 'à la place de' , mais 'en plus de' pour des personnes qui, pour des raisons de temps ou d'organisation, n'ont pas les créneaux pour aller chez le médecin ou l'infirmier. Le but est d'augmenter la couverture vaccinale." L'année dernière près de deux millions de personnes ont consulté un médecin pour des symptômes grippaux. Et le bilan de surmortalité est estimé à 19.000 personnes.