Société

Ravières, 850 habitants, ne veut pas perdre sa pharmacie

Par Delphine Martin et Charlotte Lalanne-Labeyrie, France Bleu Auxerre vendredi 6 octobre 2017 à 18:56

Ravières, dans le tonnerrois, risque de perdre sa pharmacie à la fin de l’année. La pharmacienne va s’installer à 8 kilomètres. La mairie cherche d’urgence un repreneur.

C’est l’inquiétude à Ravières, petit village de 850 habitants situé dans le tonnerrois. Faute de repreneur, sa pharmacie vieille de 100 ans mettra la clef sous la porte le 31 décembre. La pharmacienne part s'installer à 8 kilomètres de là, à Ancy-le-Franc. A Ravières les habitants, sous le choc, ont lancé une pétition. Et le mot qui revient le plus souvent, dans le village, c’est « catastrophe » : "Ce n’est pas possible", dit une dame. "Mais comment je vais faire, moi qui ne conduis plus ?" demande une autre. "Pour le village, c’est très grave", résume une troisième habitante.

"La pharmacie de Ravières fonctionne, mais je réfléchis sur le long terme" — Claire Landrier, la pharmacienne

C’est donc le choc, mais c’est aussi l’incompréhension. Car la pharmacie marche plutôt bien avec 1,2 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel. D'ailleurs la patronne, Claire Landrier, ne le nie pas : "Oui, la pharmacie fonctionne mais je réfléchis sur le long terme, car il n’y a plus de médecins à Ravières, alors qu’à Ancy le Franc, il y en a quatre. La pharmacie sera plus valorisée là-bas, notamment quand je partirai en retraite, pour la revendre."

La pharmacienne se défend d’abandonner ses clients : "Je pars à 7 kilomètres et en plus, on va assurer un service de livraison à domicile gratuit", précise Claire Landrier.

"Le ciel nous tombe sur la tête, on ne s’attendait pas du tout à ce que cette officine ferme" — Laurent Martinot, maire adjointe

Reste que ce choix coûte cher au village, comme le déplore Laurence Martinot, la maire-adjointe de Ravières : "C’est une énorme colère, une énorme déception. De toute façon, à chaque fois qu’un commerce ferme, c’est des gens qui ne viennent plus s’installer. Et cela va impacter les autres commerçants, car quelqu’un qui vient à la pharmacie va aussi acheter ses cigarettes, ou en profiter pour se faire coiffer ou faire ses courses. Le ciel nous tombe sur la tête, on ne s’attendait pas du tout à ce que cette officine ferme".

Laurence Martinot lance d’ailleurs un appel : "Ravières ce n’est pas un village fantôme, ce n’est pas un village dortoir, c’est un village avec des gens, de la convivialité, un certain «bien vivre» ensemble". Bref, Ravières, c’est « the place to be » (l’endroit où il faut être) conclut-elle dans un sourire. Les éventuels repreneurs sont invités à contacter la pharmacie actuelle ou la mairie de Ravières avant le 31 décembre.

Ravières, dans l'Yonne © Radio France - Denis Souilla