Société

Rentrée des écoles de rugby : "Il faut sécuriser les mamans et les enfants" pour Alain Doucet

vendredi 7 septembre 2018 à 10:22 Par Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie

L'école de rugby du Castres Olympique. © Radio France - Pierre Viaud

Le président de la ligue Occitanie de rugby estime qu'il faut rassurer et faire tout un travail pour ramener les enfants vers le rugby à l'heure des inscriptions dans les clubs. Les effectifs ont chuté ces dernières années avec les images de chocs de plus en plus violents dans ce sport.

A l'heure des inscriptions dans les écoles de rugby, le monde du ballon rond redoute une baisse des effectifs. La diminution est déjà de l'ordre de 15% sur les 3 dernières années en Occitanie. Le rugby souffre des dernières polémiques autour de la violence des chocs en Top 14 et des récents événements dramatiques, comme la mort le 10 août dernier du jeune joueur d'Aurillac Louis Fajfrowski en plein match. 

Rugby des écoles et Top 14, des sports différents

Sur France Bleu Occitanie, le président de la Ligue régionale Occitanie de rugby, explique qu'il faut "_sécuriser surtout les mamans et les enfants eux mêmes en disant que le rugby qu'on joue dans nos villages et nos écoles est très loin de celui du top 14_". Pour lui, les règles ne sont pas les mêmes. "Le top 14, c'est du rugby pro avec des gens qui font de la musculation tous les jours, qui sont de plus en plus puissants, qui courent toujours plus vite. Mais à notre niveau, il faut rester dans nos valeurs, c'est quand même un sport éducatif".  

Mais il reconnaît qu'il faut faire des ajustements dans la manière d'enseigner le rugby aux enfants. Bernard Laporte, le président de la fédération française de rugby a évoqué récemment l'idée d'interdire les plaquages dans les écoles de rugby jusqu'à l'âge de 12 ans. Finalement, il n'y a pas d'interdiction, mais des consignes plus strictes cette année. La Fédération Française préconise l'apprentissage du "toucher 2 secondes" pour les enfants. C'est une bonne chose pour le président de la Ligue régionale Occitanie de rugby. 

Alain Doucet estime qu'il ne faut pas interdire les plaquages, "on ne peut pas masquer la réalité de notre sport aux enfants". Le plaquage doit aussi s'apprendre dès le plus jeune âge, pour acquérir les bons réflexes. "Il faut revenir à un bon apprentissage du plaquage, mais dans le jeu travaillons plutôt le toucher !" dit-il.  

Dur de rivaliser avec le football

Alain Doucet tient tout de même à relativiser l'effet de la polémique sur la violence du jeu. Pour lui, la baisse des inscriptions vient aussi d'autres facteurs, comme la vague sur laquelle surfe le football après le titre de champion du monde des Bleus.  "_Le foot est dans un contexte extrêmement favorable_", explique-il. "Moi je ne veux pas m'opposer, je ne veux pas lutter. Ils ont fait du bon boulot, tant mieux.  Ils sont champions du monde ! Félicitons-les et au contraire, nous, essayons de nous adapter, de regarder nos propres problèmes, de regarder un peu notre nombril et de ne pas toujours nous comparer à ce qui est devenu inaccessible". 

Alors comment redorer l'image du rugby dans ce contexte ? Pour le président de la Ligue Occitanie de rugby, il faut "mettre l'accent sur des d'actions sécuritaire. On va relancer les campagnes d'information et on va faire le dos rond quelques jours. Après on va continuer à montrer nos valeurs, ce qu'on sait faire".