Société

Saint-Étienne : Rassemblement pour le théâtre Beaulieu incendié le week-end dernier

Par Kevin Boderau, France Bleu Saint-Étienne Loire jeudi 22 juin 2017 à 21:34

Devant les restes calcinés du théâtre de la MJC du quartier Montchovet environ 150 personnes se sont rassemblées ce jeudi en fin d'après-midi. La tristesse et l'amertume étaient encore présentes, mais aussi la détermination.

Devant ce qui fut "son" théâtre Djenna a la boule au ventre. Dans l'incendie, c'est un peu une partie de son enfance qu'a perdu cette lycéenne de 18 ans : "ça m'a déchiré le cœur ! c'est un lieu de culture et d'émancipation des jeunes. Moi je suis là depuis que je suis toute petite, j'ai commencé par mes spectacles de l'école de fin d'année, j'ai même travaillé ici. ça m'a tué le cœur". Renaud lui a travaillé à la MJC pendant deux ans. Il enseignait l'informatique aux jeunes du quartier. Aujourd'hui il est venu avec une pancarte où il évoque les responsables : "les gens mal encadrés brûlent ce qui pourrait les aider à rebondir dans la société"

Ces jeunes pointés du doigt, Karima est allé les voir cette semaine : "Je leur ai dit qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi vous avez fait ça ? Les grands ils m'ont dit c'est pas nous, on ne sait pas qui c'est. C'est de la gaminerie. Je pense qu'il y a eu des abandons de plusieurs personnes (les parents ndlr) et voilà ce qui arrive"

"Ce sont des barbares" - Azouz Begag, écrivain d'origine algérienne et ancien ministre venu soutenir le rassemblement

Pendant le rassemblement les personnels du théâtre et les acteurs de la vie associative et culturelle dans les quartiers ont pris la parole autour du maire Gaël Perdriau. Un lyonnais a également fait le déplacement depuis le Rhône. Azouz Begag, ancien ministre à l'égalité des chances sous Jacques Chirac, a eu des mots très durs contre les responsables de l'incendie : "Ce sont les même qui à Kaboul ou en Afghanistan détruisent tous les patrimoines de l'humanité (...) C'est le meurtre d'un lieu ô combien emblématique de la République Française"

En attendant la reconstruction

Toutes les personnes présentes espèrent voir le théâtre renaître de ses cendres. "Il faudra l'appeler le phœnix de Beaulieu" lance dans un sourire Farid Bouabdellah, le directeur du Nouveau théâtre de Beaulieu. "Ce n'est pas possible d’imaginer qu'il n'y ait plus de lieux culturels dans les quartiers Sud-Est". Une pétition en ce sens a été lancé. En attendant les projets culturels trouveront d'autres refuges. La Baulieu's compagny jouera à 18h ce samedi au théâtre libre.