Talence expérimente "l'école sans voiture"

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Par , France Bleu Gironde
Le groupe scolaire Gambetta à Talence © Radio France - Stéphanie Brossard

Depuis le 12 mai, la rue Jean Iriquin à Talence est fermée aux voitures matin et soir par deux policiers municipaux, pour permettre aux élèves et à leurs parents de venir et de repartir du groupe scolaire Gambetta, à vélo ou à pied. Une expérimentation qui pourrait être étendue à la rentrée.

Pour inciter les parents à oublier la voiture pour amener les enfants à l’école, et les encourager à venir à pied ou à vélo, la ville de Talence mène une expérimentation depuis un mois, depuis le début du déconfinement. C'est dans la rue Jean Iriquin, petite rue à sens unique qui longe le groupe scolaire Gambetta. Le matin de 8h à 9h, et l’après-midi de 16h à 17h, la rue est interdite d’accès aux automobiles, fermées par 2 policiers municipaux. Un test baptisé « école sans voiture » programmé jusqu’au 3 juillet. Mesure qui pourrait être élargie amené aux 10 groupes scolaires de Talence, à la rentrée.

"L'école, ce n'est pas un drive"

Les parents d'élèves semblent adhérer à l'idée. Y compris Mathias contraint pourtant depuis un mois, de faire un détour et d'aller garer sa voiture plus loin, avant de déposer sa fille. "Je suis obligé de venir en voiture parce que je file au travail avec ensuite. Mais ma femme vient la chercher en vélo le soir. Donc c'est une bonne idée de sécuriser la rue, de la fermer aux voitures. On ne peut pas dire que ce soit une contrainte pour moi. C'est bien de marcher un peu aussi!" Thomas lui a adopté le vélo depuis bien longtemps et il valide aussi. "L'école n'est pas un drive. Et l'expérimentation montre que c'était nécessaire. On ne voit plus de voitures garer sur les trottoirs ou sur les pistes cyclables, et les enfants et parents serrés sur le trottoir ou relégués sur la route pour éviter les voitures... où les voitures passaient quand même".

Montée en puissance

Pour Medhi et son copain Théo, c'est "moins dangereux. On est plus tranquille". La rue Iriquin est apaisée, avec le chant des oiseaux et le bruit des roues de vélo comme fond sonore, fait remarquer Emma, une maman. "C'est calme et on est moins stressé avec les enfants qui peuvent courir partout". A tel point qu’elle doit réprimander son fils Gaspard 4 ans qui n’a plus le réflexe de regarder des deux côtés avant de filer à toute vitesse en trottinette sur le trottoir d’en face. Sous le regard amusé de Mohamed Saber, le responsable des agents de surveillance de la voie publique  à Talence, qui parle de succès de l'expérimentation. "Ils sont une quarantaine de parents à venir à pied ou à vélo désormais contre une dizaine il y a un mois. Oui, il y a une montée en puissance."

Et à la rentrée ?

Montée en puissance dans une configuration partielle, post-covid (tous les élèves ne sont pas encore de retour à l'école) et dans une petite rue à sens unique, où fermer la circulation aux voitures ne pose pas de souci.  Il faudra voir si ce modèle est transposable devant les 10 groupes scolaires de Talence. Une évaluation est prévue cet été, avec les riverains également.

Inciter, faire réfléchir, sans montrer du doigt, c’est le sens de l’expérimentation, explique Emmanuel Sallaberry, maire réélu de Talence. 

8h du matin, la rue Iriquin de Talence fermée aux voitures par deux policiers © Radio France - Stéphanie Brossard