Société

Un café au chevet des aidants dans le Gard

Par Camille Payan, France Bleu Gard Lozère samedi 7 octobre 2017 à 0:29

Le 6 octobre c'est la journée des aidants. On estime à environ 11 millions le nombre d'aidants en France qui consacrent leur vie à s'occuper d'un proche malade ou handicapé. Dans le Gard, le "Café des aidants" leur permet de partager leur expérience, leurs inquiétudes et d'être conseillé.

Ils investissent du temps, de l’énergie et parfois leur santé pour s'occuper d'une mère qui souffre d'Alzheimer, d'un père malade ou d'un enfant handicapé. Ils donnent sans compter et se sentent souvent seuls face à des proches qui souffrent. Ces femmes et ces hommes sont environ 11 millions aujourd'hui en France, on les appelle les aidants mais ils ont eux aussi besoin d'être aidés.

Dans le Gard, il existe un dispositif d'accompagnement le "Café des aidants". Des rencontres en présence d'une psychologue notamment. Les aidants se retrouvent quelques heures autour d'un café, d'un thé pour échanger, partager, comprendre et demander des conseils.

Un moment de répit pour échanger

A Alès une fois par mois, Corinne Costa, coordinatrice de Présence 30 organise les rencontres au Blessing Café. Dans un petit coin aménagé, chaleureux, entre deux grandes bibliothèques les aidants se retrouvent. Deux heures de discussion, parfois douloureuses quand on évoque le quotidien lourd, la culpabilité d'avoir mal réagi face aux exigences du malade ou encore le questionnement.

Après le 1er Café des aidants, j'ai compris que c'était son état qui parfois le rendait désagréable, j'ai eu envie d'être plus tolérante - Michèle

Les aidants écoutent les conseils de Sophie, la psychologue. © Radio France - Camille Payan

Les professionnels sont là pour conseiller les aidants dans leur quotidien mais aussi leur rappeler qu'ils doivent penser à eux. Certains consacrent tout leur temps à leur proche et laissent de côté leur vie personnelle jusqu'à faire parfois au burn-out. On ne compte plus ses heures et on vit au rythme de la maladie de l'autre.

30% des personnes qui aident partent avant la personne malade - Corinne Costa de Présence 30

Un quotidien lourd et pesant

A Alès, il y a depuis plusieurs mois des aidants "réguliers" qui viennent échanger et chercher un peu de réconfort. C'est le cas de Geneviève qui s'occupe de sa maman de 92 ans. Geneviève ne veut pas se plaindre, elle soigne sa maman parce qu'elle "l'aime" dit-elle même si elle reconnait ne pas avoir, toujours, en retour une grande reconnaissance.

Le plus dur pour elle ? L' aspect psychologique. Voir un proche souffrir à ses côtés et ne rien pouvoir faire pour atténuer sa douleur mais aussi supporter cette douleur. La supporter sur les épaules, parce que c'est souvent un poids très lourd que les aidants font tout pour cacher.

Je ne veux pas que ma mère sente que c'est un poids pour moi - Geneviève

Si la vie des aidants est souvent prise à 100%, certains parviennent à s'organiser en faisant appel à des associations et tentent de conserver leur vie professionnelle. C'est le cas de Didier qui s'occupe de sa sœur schizophrène et de son épouse qui souffre de démence. Toutes les deux vivent avec Didier qui a décidé de continuer d'exercer son métier d'agriculteur.

Aider en gardant sa vie professionnelle

Même si le quotidien de Didier est très chargé et parfois pesant, il estime que son métier lui permet aussi de s'échapper des tracas et de la souffrance. %ais tous les midis Didier rentre pour déjeuner avec sa femme et sa sœur "c'est notre moment à tous les 3. Je prends ce moment pour elles et pour moi".

Ma profession est un ballon d'oxygène - Didier

Le Café des aidants organise des rencontre à Nîmes, Alès, Uzès et bientôt au Grau-du-Roi et Sauve. Vous pouvez contacter le 06 43 21 75 01 et retrouver toutes les informations sur le site de la journée des aidants.