Société

Une Cité des aînés pour révolutionner l'accueil des seniors à Saint-Étienne

Par Marie Rouarch, France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 5 septembre 2017 à 23:03

Repenser entièrement l'EHPAD et ses environs. C'est l'objectif que se sont donnés la mairie de Saint-Étienne et la Mutualité française Loire et Haute-Loire quand elles se sont lancées dans ce projet de Cité des aînés. Ce lieu de vie, intégré dans la ville, ouvrira ses portes en 2019.

C'est un concept inédit, à Saint-Étienne et bien au-delà : une Cité des aînés ouvrira ses portes au premier semestre 2019, si le calendrier est tenu, quartier Bellevue. La première pierre a été posée ce mardi 5 septembre, en présence des nombreux partenaires de l'opération. Objectif de cette structure : révolutionner la prise en charge des seniors et de la dépendance, dans un département, la Loire, où les plus de 75 ans représentent déjà plus de 10% de la population.

La future cité des aînés sortira de terre quartier Bellevue, sur ce terrain d'un hectare, à l'horizon 2019 © Radio France - Marie Rouarch

Loin du traditionnel EHPAD, ce projet, porté par la Ville de Saint-Étienne et la Mutualité française Loire-Haute Loire, se veut un village pour seniors, un lieu de vie avec restaurant et jardins partagés, intégré au quartier. Ses concepteurs ont fait le pari de partir d'une page blanche : "On a souhaité essayer d'imaginer qu'on ne savait rien sur les maisons de retraite. On a voulu y intégrer toutes les nouveautés, la domotique, les objets connectés, la télémédecine, etc.", explique Rémi Bouvier, directeur général de la Mutualité française Loire-Haute Loire.

On a essayé de faire comme si on créait une maison de retraite pour la première fois - Rémi Bouvier, directeur général de la Mutualité française Loire-Haute Loire

Le projet s'articule autour d'un parcours résidentiel proposé aux seniors. Les personnes âgées totalement autonome pourront intégrer un des douze logements résidentiels "classiques". Le jour où ils auront davantage besoin de services et d'accompagnement au quotidien, ils pourront déménager dans la résidence autonomie (ex foyers logements, NDLR) composée de 35 logements. Enfin, lorsque la dépendance surviendra, le senior pourra être accueilli au sein d'un EHPAD moderne de 159 lits. Au cœur de cette notion de parcours, l'idée de faciliter la prise de repères des personnes âgées sur le long terme, d'éviter le déracinement une fois la dépendance bien installée.

Créer une cité-village ouverte sur la ville

L'autre priorité, c'est l'ouverture de cette structure sur l'extérieur. "Il ne faut pas que nos résidences deviennent des ghettos, déclare Georges Ziegler, adjoint au maire de Saint-Étienne, en charge des affaires sociales. Moi je rêve d'une salle de gym où la ménagère de moins de cinquante ans côtoiera la résidente de la résidence autonomie !" Cette priorité se matérialise dans la conception du projet. La Cité, dessinée par l'architecte stéphanois Jacques Varennes, donnera sur deux rues, la rue du Guizay et la rue Testenoire Lafayette ; elle sera aussi traversée par une rue ; elle accueillera un restaurant, un terrain de boules, des jardins partagés ouverts aux habitants du quartier. Les lieux de vie à l'intérieur des bâtiments pourront également être mis à disposition du monde associatif ou aux scolaires, pour des échanges.

On s'est dit : ce n'est pas un EHPAD, c'est un petit village - Jacques Varennes, architecte du projet

Jacques Varennes a déjà conçu plusieurs maisons de retraite au cours de cette carrière, mais celle-là ne ressemble à aucune autre. "Elle est lumineuse, ouverte sur la ville. On y adjoint tout un tas de fonctions ouvertes au public, restaurant, salles d'activité". Il s'agit de faire de cette cité un lieu d'expérimentation des pratiques innovantes autour du "bien vieillir" (luminothérapie, domo-médecine, une "box" des fragilités en cours de conception avec les doctorants de l'école des Mines) en répondant à tous les besoins de la personne âgée en termes de bien-être, logement, déplacement, lien social, soins, restauration, etc.

Une Cité économiquement accessible

Le projet de Cité des aînés est né d'un besoin de restructuration de l'EHPAD La Rivière et de la résidence mutualiste Valbenoite. Les résidents de ces deux structures seront donc les tous premiers à intégrer le nouvel EHPAD de la Cité des aînés, sans doute au deuxième semestre 2019. Les logements, qu'ils soient autonomes ou pas, seront ouverts à tous. Ce projet à plus de 26 millions d'euros doit rester accessible financièrement au plus grand nombre. Dès son lancement, les partenaires ont posé la base d'un coût de 60 euros la journée au sein de l'EHPAD, dans la moyenne des coûts dans la région, afin que les meilleurs services, les plus modernes, puissent aussi bénéficier aux personnes âgées modestes.