La grogne continue chez les riverains de l'aéroport d'Orly

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Par , France Bleu Paris
Des avions sur le tarmac de l'aéroport d'Orly en mars 2020. © Radio France - Hajera Mohammad

A l'approche de la présentation du nouveau Plan de prévention du bruit dans l'environnement (PPBE) de l'aéroport d'Orly, la grogne monte chez élus et riverains. Ce plan comprend un élargissement de la zone du plan d'exposition au bruit (PEB) qui pèse sur l'urbanisme des communes.

Les riverains de l'aéroport d'Orly, en guerre depuis des années pour réduire les nuisances sonores qu'ils subissent, espéraient du mieux. Leur espoir : le nouveau plan de prévention du bruit dans l'environnement (PPBE), édité par la Direction générale de l'aviation civile, qui sera présenté en commission mardi 26 janvier. 

Tous espéraient y voir des mesures contraignantes pour le trafic aérien, et s'insurgent de découvrir à la place une extension du plan d'exposition au bruit (PEB), un texte qui vise à limiter les nuisances en empêchant notamment les nouvelles constructions et le développement urbain. 

Un bruit capable de "couper une conversation"

Une mesure contraignantes pour les habitants, notamment du Val-de-Marne et de l'Essonne, mais très peu pour l'aéroport. C'est ce qui voient les associations de riverains, comme Oyé 349, présidée par Luc Offenstein. "J'ai un avion toutes les trois minutes, 365 jours par an, 17h30 par jour !, s'exclame le militant. Avec un bruit allant de 75 à 78 décibels. De quoi couper une conversation !"

Ce nouveau plan inquiète les habitants qui n'étaient pas concernés jusqu'alors, comme Claude, qui vit dans l'Essonne : "Sans rien vous demander, on vous dit : maintenant, il a y avoir des avions. Par conséquent, il faut payer de l'isolation phonique, et tant pis pour les jardins, en été, il y aura des avions et tant pis pour vous ! C'est une espèce d'expropriation partielle, sans aucune indemnité."

La peur de voir les communes se paupériser

Le plan d'exposition au bruit doit limiter l'impact du trafic aérien en évitant trop de développement urbain. C'est une catastrophe pour les élus locaux, qui s'alarment de voir leurs villes mourir à petit feu. "Un PEB, c'est bien pour un aéroport créé de toute pièce, explique Didier Gonzales, maire de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne). Mais la particularité d'Orly, c'est que les gens sont déjà là ! Alors imposer un PEB entraînera la paupérisation du territoire !"

Le plan de prévention du bruit dans l'environnement sera soumis à l'avis des élus et des riverains le 26 janvier prochain, lors de la commission consultative de l'environnement (CCE) de l'aéroport. Les associations de riverains auraient aimé y voir figurer l'interdiction des engins les plus bruyants, l'extension du couvre-feu nocturne de 22h30 à 6h30, ou encore une limitation stricte à 200.000 mouvements aériens par an