"L'Alsace m'a laissé une empreinte", Arsène Wenger présente sa biographie à Strasbourg

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass
Arsène Wenger, membre de la FIFA et ex-entraîneur d'Arsenal, en conférence de presse à Strasbourg. © Radio France - Julien Penot

L'emblématique entraîneur d'Arsenal, Arsène Wenger, a présenté sa biographie, "Ma vie en rouge et blanc", ce samedi 17 octobre à Strasbourg. Avant de partir Outre-Manche, le stratège a fait ses premières gammes à Strasbourg, des racines alsaciennes qui l'ont guidé pendant toute sa carrière.

Arsène Wenger, c'est forcément Arsenal. Le club londonien est au cœur de la biographie de l'entraîneur alsacien "Ma vie en rouge et blanc", sortie le 6 octobre aux éditions JC Lattès et présentée à Strasbourg ce samedi 17 octobre. Mais le parcours du tout premier entraîneur étranger Outre-Manche puise sa source en Alsace, à Duttlenheim, petit village proche de Strasbourg. Des racines qui ont, en partie, forgé le "style Wenger".

L'Alsace toujours en mémoire

"Quand j'ai fait le livre j'ai été surpris de l'empreinte qu'a laissée l'Alsace sur moi", commence Arsène Wenger. Une empreinte qui lui donne le sens du travail, de la persévérance, de la détermination et surtout l'envie de gagner écrit l'actuel membre de la FIFA dans les premières lignes de son livre.  

Lors de sa jeunesse à Duttlenheim, Arsène Wenger croise le milieu du football d'abord dans le café géré par ses parents. "On n'y parlait que de foot, j'ai donc dû penser que la seule chose importante dans le monde, c'était le foot", sourit l'ex-Gunners. Le village est alors composé de 80% d'agriculteurs. Un milieu rural, très loin du sport.

C'est une défaite contre l'AS Mutzig qui va être un premier tournant pour le jeune joueur. "C'est la défaite qui va changer ma vie", commente Arsène Wenger. Il y rencontre l'entraîneur adverse, Max Hild. Celui-ci l'a repéré pendant la rencontre et veut prendre le jeune homme de 19 ans sous ses ailes. Arsène Wenger rejoint alors les rangs de l'équipe de Mutzig, en CFA. "J'ai sauté les échelons très vite, mais à ce moment-là, jamais je ne pouvais pas imaginer que je passerai ma vie dans le foot", confie le tacticien. 

"Le Racing m'a mis le pied à l'étrier"

Après Mutzig (1969), il joue pour Mulhouse (1973), puis le FC Vauban, avant d'intégrer le Racing Club de Strasbourg en 1978 : "C'est le rêve d'être recruter par le club de mon enfance, et puis c'est le Racing qui m'a mis le pied à l'étrier." L'année suivante, il gagne le championnat de France. 

En parallèle, il devient l'entraîneur du centre de formation du Racing. Une première expérience avec une approche très moderne du coaching. Strasbourg devient un laboratoire. Il y teste de nouvelles méthodes, notamment sur le mental des joueurs. "Toute ma vie j'ai essayé d'anticiper le besoin des joueurs, le mental est la partie qui a été la moins entraînée, on supposait que c'était une donnée qui n'était entraînable", décrit l'ancien défenseur du Racing. 

Revenir au Racing ? "Oui... Pourquoi pas"

Arsène Wenger a terminé sa carrière de footballeur au sein du club strasbourgeois en 1981. Quand on lui demande s'il voudrait y revenir, voici sa réponse : "Vous aurez une chance de me voir au Racing parce que je vais voir les matchs. Après, revenir au sein du club, oui... Peut-être, pourquoi pas", conclut le stratège. 

Le nom de Wenger est souvent revenu pour prendre la tête du vestiaire, voire même du club strasbourgeois. "J'ai souvent été en relation avec le maire et des investisseurs potentiels pour reprendre le club. Puis je me suis dis que vis-à-vis d'Arsenal, je ne pouvais pas", déclare l'intéressé. 

Concernant la situation actuelle du Racing, à la traîne au classement en Ligue 1, l'ex-entraîneur alsacien émet un avis plutôt positif : "Marc Keller et sa troupe font un excellent travail, on est quand même passer par l'enfer, on est de nouveau stabilisé en première division depuis quelques années."

Après Strasbourg, il devient successivement entraîneur de Nancy, Monaco, Nagoya (Japon), avant d'atterrir à Arsenal en 1996. L'Alsacien est alors le premier étranger à entraîner une équipe de Première Ligue. C'est là qu'il construit toute sa légende pendant 22 ans. "Une vie à Arsenal", titre t-il dans son livre. Il quitte son club "de cœur", le 13 mai 2018. 

Sa vision du football alsacien

Depuis novembre 2019, Arsène Wenger est directeur du développement du football mondial à la FIFA. Un poste qui ne l'empêche pas de garder un œil sur les terrains alsaciens. Il livre une analyse sur le manque de joueurs locaux dans les grands clubs régionaux. "A mon époque il fallait être le meilleur de ta région, aujourd'hui il faut être le meilleur sur le plan international", estime Arsène Wenger. La concurrence est donc beaucoup plus difficile, "les joueurs sont éliminés plus vite et plus rapidement", ajoute t-il. 

Après avoir présenté sa biographie, Arsène Wenger s'est ensuite rendu à la librairie Kléber de Strasbourg pour une séance de dédicace avec ses lecteurs.