Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Avec les gardes du feu de Saint-Jean d'Illac

dimanche 2 août 2015 à 8:00 Par Alexandre Blanc, France Bleu Gironde

Les pompiers ne surveillent plus les 580 hectares de forêt incendiés à Saint-Jean-d'Illac car le feu est officiellement "totalement éteint" depuis ce vendredi. Mais chaque jour, huit volontaires veillent sur les fumerons qui jalonnent la zone sinistrée.

"Un gardien du feu armé d'une pioche éventre la terre"
"Un gardien du feu armé d'une pioche éventre la terre" © Radio France - Alexandre Blanc

Depuis le départ des pompiers, ce sont les forestiers volontaires qui veillent sur les cendres encore fumantes de la pinède de Saint-Jean-d'Illac et de Pessac. 580 hectares sont dévastés. Des colonnes de fumée s'échappent du sol. Les braises couvent sous la tourbe. Un garde du feu armé d'une pioche éventre la terre. La fumée s'épaissit. Un autre, d'une pelletée de terre, étouffe le brasier naissant. 

Garder le feu fait partie des missions de la DFCI - Radio France
Garder le feu fait partie des missions de la DFCI © Radio France - Alexandre Blanc

Philippe, ancien jardinier au chômage, est l'un des huit volontaires à pied d'oeuvre. Aujourd'hui, c'est sur une forêt qu'il veille. Il fait partie des bénévoles de la "Défense des Forêts contre les Incendies" (DFCI Aquitaine). Guider les camions de pompiers sur le terrain pendant l'intervention et "garder le feu" ensuite fait partie des missions dévolues à la fédération régionale, gérée par des représentants élus par les propriétaires forestiers et financée par les sylviculteurs à raison de 2,3 € par hectare et par an.

Un garde du feu volontaire - Radio France
Un garde du feu volontaire © Radio France - Alexandre Blanc

Philippe est venu avec trois bénévoles de l'association syndicale autorisée de Saint-Aubin-de-Médoc, une commune distante de 17 kilomètres. Face à l'ampleur du sinistre, une douzaine d'associations locales de la DFCI Aquitaine ont mis à disposition leurs hommes et leur matériel. "C'est une première en Gironde", s'enorgueillit le président de la DFCI de Saint-Jean-d'Illac, Armand Loubiat.

Armand Loubiat, président de l'association DFCI - Saint-Jean-d'Illac - Radio France
Armand Loubiat, président de l'association DFCI - Saint-Jean-d'Illac © Radio France - Alexandre Blanc

"Quand la forêt brûlait encore, je pensais déjà à l'après" — Armand Loubiat, président de la DFCI de Saint-Jean-d'Illac

Pour arpenter l'équivalent de 785 terrains de football accidentés et boisés, la DFCI de Saint-Jean-d'Illac ne dispose que d'un tracteur tout-terrain doté d'une citerne de 1000 litres et d'un pick-up pouvant transporter 600 litres d'eau, acquis par la municipalité en avril dernier. La solidarité d'une douzaine de communes voisines permet de mobiliser des moyens plus conséquents.

Camion-citerne feux de forêt - Radio France
Camion-citerne feux de forêt © Radio France - Alexandre Blanc

À elle seule, la DFCI de Saint-Aubin-de-Médoc héberge trois camions de feux de forêt. Le conseil général de Gironde a financé l'équipement de la commune suite à un précédent sinistre. Les véhicules proviennent du matériel réformé par les sapeurs-pompiers. Un ferrailleur a aidé l'association à réhabiliter un camion. 

Danger grave et imminent

Pour faciliter le travail des gardes du feu, le maire de Saint-Jean-d'Illac a adopté un "arrêté de danger grave et imminent". Tant que le feu couve, l'accès à la zone sinistrée est interdite à "toute personne non autorisée". Les propriétaires forestiers sont mis en demeure de réaliser les travaux de débroussaillement imposés par le Code forestier sous 24 heures. S'ils n'obtempèrent pas, DFCI et agents municipaux auront le droit de mener à bien les chantiers, aux frais du propriétaire indélicat. Les sylviculteurs sont souvent pointés du doigt car le mauvais entretien des parcelles peut ralentir la progression des pompiers, mais ce sont aussi des exploitants qui veillent sur les cendres chaudes de la pinède dévastée, qui "gardent le feu". 

Avec les gardiens du feu de Saint-Jean-d'Illac