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Cinéma

"Au nom de la terre" sort sur les écrans, en Isère, certains agriculteurs se sont reconnus dans le film

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Par , , France Bleu Isère

Le film "Au nom de la Terre" sort au cinéma ce mercredi 25 septembre, avec Guillaume Canet dans le premier rôle. Le journaliste et réalisateur Édouard Bergeon y relate la vie de son père. Réactions émues lors d'une avant-première en Isère.

Edouard Bergeon et Guillaume Canet échangent avec le public.
Edouard Bergeon et Guillaume Canet échangent avec le public. © Radio France - Benjamin Fontaine

Isère, France

C'est un film qui va faire parler, et pas que dans les campagnes. Pour les projections en avant-première de "Au nom de la terre", le réalisateur Édouard Bergeon a sollicité la MSA, la Mutualité sociale agricole, pour organiser des soirées dans tous le pays. La semaines passée en Isère, à Beaurepaire.

Un agriculteur se suiciderait tous les deux jours

En France, un agriculteur se suiciderait tous les deux jours, selon les derniers chiffres. Des chiffres cruels, mais la réalité l'est encore plus. La difficulté de ce travail et le manque de repères ou de reconnaissance qui va avec. Certains ont vu leur vie à l'écran.

Le parcours si classique d'un exploitant qui s'endette

Dans la salle, la plupart sont des membres de la MSA, la sécurité sociale agricole. Agriculteurs en activité ou à la retraite, ils se reconnaissent : "le film est poignant, il reflète une certaine réalité". "Au nom de la Terre", c'est la vie d'un agriculteur qui reprend l'exploitation de son père. Une femme, deux enfants... des problèmes d’argent. On le pousse à diversifier ses activités, il ne s'en sort pas mieux.

On est au milieu des années 90 et ça parle à beaucoup. Claire était agricultrice à Pommier de Beaurepaire. Elle a galéré. "On nous pousse à investir, mais les produits ne sont pas payés au prix qu'il faudrait. Faudrait revenir à comment on était avec nos parents, mais ce n'est pas possible".

"On l'a vécu !"

Mais ce qui les travaille surtout, c'est l'effet miroir du film. Quand le métier bouffe les hommes, jusqu'à l'irréparable, comme le disent ces spectateurs : "On l'a vécu, moi j'ai deux tantes qui se sont suicidées, dont une qui était productrice de porcs. Bouffée par les dettes. Il faut faire attention, en ce moment à ne pas diaboliser les agriculteurs".

Gilles, une dépression l'hiver dernier : "On a demandé à la MSA [des remplacements], mais on n'est pas soutenus"

Avec ce film, la MSA veut les sensibiliser. Un débat suit la projection. Nadine et Gilles ont un élevage ovin à la Chapelle de Surieux. Gilles a fait une dépression l'hiver dernier. Le film les a touché, moins la discussion. Ils se sentent seuls. "Il faut partir s'aérer, au bord de la mer... mais comment on fait ? Il faut bien s'occuper de nos bêtes pendant ce temps-là ! Il faut des remplaçants, et c'est pas possible".

La cellule agri-écoute, à disposition des exploitants agricoles

Fabien Champarneau, c'est le directeur général de la MSA Alpes du nord. Il dit que si, la MSA peut soutenir économiquement et créer des dispositifs pour permettre l'étalement des cotisations sociales et puis il y a des travailleurs sociaux. Et le plus important, pour lui, c'est déjà de libérer la parole.

"Il y a beaucoup de silence dans le monde agricole. Aujourd'hui, une cellule d'écoute existe, agri-écoute. Le risque de passage à l'acte existe et les raisons sont multifactorielles. Parlons-en, pour que ça n'arrive jamais !"

C'est aussi le rôle des délégués de la MSA sur le terrain : faire en sorte que la parole circule. Ce film est l'occasion de le faire, plus que jamais.

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