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Mon confinement, la lettre de Jean Huard jeune voygeur engagé...

Aujourd'hui confiné, Jean fait une pause dans ses études et dans ses voyages à travers le monde, voici sa lettre:

Jean était venu début 2020 dans nos studios pour nous parler de son tour d'Europe à vélo !
Jean était venu début 2020 dans nos studios pour nous parler de son tour d'Europe à vélo !

Bien moins mal que la plupart de l’ensemble des confinés, je vis assez agréablement cette période. Et pour cause, je suis revenu dans ma ville natale de Rouen pour y séjourner en ostracisme sanitaire avec ma copine. Après le premier discours de Macron, je pris le peu que je pouvais emporter depuis ma résidence universitaire dans le nord des Pays-Bas afin de rentrer et demeurer le plus confortablement possible. Me voilà alors dans la situation paradoxale d’être chez moi sans y être, d’en continuer une vie étudiante sans en poursuivre les cours universitaires. A vrai dire, il met tout à fait difficile de continuer de façon régulière et assidu l’ensemble de mes travaux de recherche, de prendre le temps nécessaire d’apprendre et de lire ce que mes études m’obligent à faire. Si je peux apporter une voix plus particulière aux étudiants se sentant seul, sachez que vous ne l’êtes plus. L’isolement, le ramollissement du corps et de l’esprit, la fatigue du quotidien ou du lendemain demeurent assez pesant pour faire basculer le chacun d’entre nous dans l’oisiveté et la procrastination. C’est ainsi que comme chacun(e) d’entre nous, nous rebâtissons nos habitations, nous reprenons contact avec d’anciennes relations proches ou lointaines, nous nous lançons à l’assaut de maux intérieurs. Après des années, je retrouve le bonheur de sentir le soleil sur ma peau allongée, de la simplicité du toucher des matières aussi lointaines pour moi que le bois ou d’en respirer l’odeur humide. De cette redécouverte d’une vie modeste et pudique nous fait parvenir une question longtemps camouflée par cet étouffoir généralisé. Pourquoi ne pas se permettre de redéfinir un système économique et social afin de faire coexister cela au modèle d’une vie prosaïque ? Encore de long mois de confinement nous attendent avant de pouvoir y répondre et d’agir en conséquence. C’est ainsi qu’au fond de notre assignement à résidence, en sureté habitable, je redéfinis le monde comme beaucoup au travers d’un temps long et planant. Enfin, moi qui adulais prendre chaque portion de ciel bleu pour en justifier chaque voyage et chaque étude sociale en solitaire, je trouve désormais bien plus de réponses en reposant mon esprit confiné. Aux fermetures des frontières du monde, me voilà coincé face au mur de mon être.  Quelque fois je me console en sachant que de mes 20 ans, personne ne me dira ‘’je connais les pandémies mieux que toi’’. Personne ne sait et tout le monde écoute. Ce monde redevient silencieux, il s’agit alors de s’écouter dans cette accalmie que je prie d’être infini. 

Huard Jean

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