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Archives : enfance et parcours, souvenirs d'une rencontre avec Jordi Barre, il y a 10 ans

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Par , France Bleu Roussillon

Jordi Barre, chanteur emblématique des Pyrénées-Orientale qui a fait son Olympia en 1983 est né au Racou à Argelès-sur-Mer le 7 avril 1920 il y a 100 ans. Jordi nous a quitté le 16 février 2011 à l'âge de 90 ans. Souvenirs de ses confidences au micro France Bleu Roussillon.

Jordi Barre
Jordi Barre © Radio France - Fred Lienard

Une naissance entre mer et Albères

« La petite plage du Racou, quand les Pyrénées naissent dans la mer où se couchent dans la mer, voilà.

Ce fût mon petit coin de paradis mais ce qu'on ne dit pas c'est que ce fût le premier endroit du Roussillon qui a subit les affres de la guerre. Parce qu'un beau jour mes parents sont arrivés, pour passer le dimanche là-bas, la première ligne n'existais plus, toute la première ligne, une cinquantaine de villas on été rasées. Les allemands avaient peur que s'il y avait un débarquement au Racou qu'il n'y avait pas assez de places pour se défendre.  Mais ce qui m'étonne c'est qu'on en parle jamais. Je demande toujours qui c'est qui a donné l'ordre de raser toutes ces villas. Je n'ai jamais eu la réponse. Et j'habitais en première ligne du Racou voilà. »

Une enfance un peu magique

« C'est fabuleux parce que nous n'étions que quelques uns, à profiter de la mer, de la montagne, nous avions tout pour nous, maintenant ils sont plus de 100 000 … … c'est normal c'est la vie actuelle mais quand on a connu le Racou comme on l'a connu … maintenant je n'y vais plus parce que quand je vois le Racou tel qu'il est à présent, le pleure quoi. »

Des débuts sur scènes et des oignons, anecdote

« On était toute une bande de copains … et on s'amusait on allait dans les patelins, je me souviens on avait été joué à Toulouges, j'ai un bon souvenir à Toulouges parce que les gens nous on dit, et si on vous payait avec des oignons, si on payait l'entrée avec des oignons, moi j'aime pas l'oignon mais enfin ça fait rien, on a dit que oui, y'a un copain son père est venu avec une petite camionnette, on a rempli la camionnette d'oignons et on a joué ! 

Mais des souvenirs comme ça, y'en a des wagons, on allait joué, moi je prenais ma contre-basse sur l'épaule, je prenais ma bicyclette et je partais dans les patelins avec la contre-basse sur les épaules jusqu'au patelin, je jouais à Corbère, enfin ailleurs quoi. Ben écoutez c'était la vie d'avant quoi, ça nous amusait beaucoup et on a été heureux, on avait pas d'argent mais on était très heureux. Dans les années 30, 32. »

Une si grande carrière et le trac alors ?

« Toujours, j'ai toujours peur, très très peur, les musiciens me voient, ils me disent, dis donc ... Je vous dirais pas ce que je chante avant de sortir sur scène, un petit truc que Bausil chantait quand il se rasait quoi. J'ai ce petit refrain un peu grivois, que je chante. »

Jordi Barre une histoire de vie

L'Olympia en 1983

« C'est un très grand souvenir, ça c'est sûr. Il faut voir le départ d'abord, le nombre de sociétés culturelles du département qui étaient à la Llabanère (lieu-dit où se trouve l'aéroport de Perpignan Rivesaltes) au départ, j'ai des photos, tout le monde était là, en costume on aurait dit que c'était l'USAP qui est champion de France, à ce moment-là ça c'était pas fait encore quoi.  

Il y avait plein de gens qui étaient là pour nous honorer quoi. Ensuite quand on est arrivé à Orly, c'était pareil, avec tous les drapeaux, et je vous dit pas le voyage dans l'avion comment ça c'est passé, on a fait un scandale, le pilote a rouspété parce qu'on dansait trop dans l'avion, on lui a dit on s'arrête là de danser à condition que quand vous allez annoncer le temps et les publications, vous le fassiez aussi en Catalan, vous les faites en Anglais pourtant il n'y a pas un Anglais dans l'avion. Pourquoi ? Et il y a quelqu'un qui est venu demander comment il fallait dire etc oui y'a quelqu'un qui l'a fait, c'était bien.  

Mais c'est surtout quand on a dû commencer à chanter, j’avais fait écouter un enregistrement à mes choristes et à mes musiciens, je leur ai dit attention je vous fait écouter une musique parce que quand vous l'entendrez à l'Olympia, vous pourrez rien faire … (Els Segadors) … et on était près à sortir, on était dans les coulisses et on pleurait tous et le patron de l'Olympia qui leur disait mais enfin, mais allez-y, faut y aller, lui il ne comprenait pas, on est rentré sur la scène en pleurant. Et tous les Catalans qui étaient dans la salle pleuraient. »

Jordi Barre, souvenirs de l'Olympia

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