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La Relance éco : À Dijon, le blues du monde électro

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Par , France Bleu Bourgogne

Certains secteurs de la culture meurent à petit feu. Le monde de la musique électronique en fait partie, interdit de soirées dansantes en raison du covid. A Dijon, l'association Risk, mise déjà sur une année blanche en 2020, et un retour des fêtes "normales" pas avant 2021.

Luc Deren, cofondateur du collectif dijonnais Risk
Luc Deren, cofondateur du collectif dijonnais Risk © Radio France - Arnaud Racapé

"On se sent diabolisés". En quelques mots, le cofondateur de l'association dijonnaise Risk Luc Deren, plante le décor. Pour lui, la culture électro, parce qu'elle est une culture dansante, fait peur aux décideurs publics, alors que d'autres secteurs, comme les bars et les cafés, ont rouvert leurs portes après le dé-confinement, et se transforment désormais pour certains en véritables discothèques, où les gestes barrières n'ont plus cours. Injuste.

La culture électro fait peur

Le discours actuel fait qu'aujourd'hui si vous organisez un festival de musique baroque, vous allez pouvoir être assis, et la préfecture va vous délivrer une autorisation dans 90% des cas. Dès qu'on va être sur de la musique électronique, on va nous dire que c'est compliqué. Oui, c'est compliqué, mais on a l'impression qu'il y a une discrimination, parce qu'on est une musique de danse. Elle fait peur, cette culture. C'est pour ça qu'on voit aux quatre coins de la France le retour des _'free parties"_, cette envie de la jeunesse d'aller consommer de la musique électronique. Avec les musiques urbaines comme le hip-hop, c'est la musique électronique qui remplit les festivals !"

55.000 euros de pertes après l'annulation du Sirk Festival 2020

Privé de sa 5e édition du Sirk Festival en avril dernier à Dijon, Luc Deren, par ailleurs artiste et DJ, se projette déjà sur l'été 2021. Dans l'affaire, il a perdu 55.000 euros, soit un gros quart du budget de l'événement. "C'est un anniversaire raté, une année noire. Blanche, même, puisqu'il y aura très peu, voire pas de manifestations d'envergure comme le Sirk d'ici la fin de l'année. Pas de perspective, on est dans une situation où c'est deux poids deux mesures, la législation n'est pas très claire."

Laissez-nous danser !

RIsk fait partie d'un collectif de 170 musiciens, DJ et autres acteurs du secteur électro, signataires d'une tribune appelant à l'aide le ministère de la culture. Le texte, signé par des stars internationales comme Jean-Michel Jarre ou Bob Sinclar, est également soutenu par l'ancien ministre Jack Lang. Il n'hésite pas à parler de menace d'extinction et demande la mise en place de zones d'urgences de la fête.

Les choses sont délicates. Car dans le faits, Luc Deren et ses collègues peuvent organiser des événements, mais dans des conditions qui vont l'encontre de leurs valeurs, du fondement même de la musique électro : les gestes barrières, les 4 m² autour de chaque personne, les masques obligatoires. "Dans une culture comme la musique électronique, et également les musiques urbaines et le métal, ça nous paraît contradictoire. On nous laisse prendre le train, on nous laisse aller au restaurant, au théâtre, s'il vous plaît, laissez-nous danser !" 

Un Sirk Festival plus local en 2021 ?

Risk et son seul salarié font-ils partie des acteurs en danger d'extinction, comme le souligne le collectif dans la tribune ? "A court terme, je vais répondre non", dit Luc Deren. Les subventions sont là, les mécènes aussi, pour un budget qui tourne généralement autour de 300.000 euros à l'année. "Mais si ça doit repartir dans un an, l'état de notre trésorerie risque d'être faible, il y a aussi des avances, des frais à engager avant d'organiser un événement. donc il va falloir repenser le modèle, et tout faire pour anticiper cette mort. Peut-être que le recentrage va passer par des artistes locaux, le local de A à Z, c'est peut-être ça la solution." 

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