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22 juin 1940 : l'armistice de la drôle de guerre, quelles répercussions en Alsace ?

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Par , France Bleu Elsass, France Bleu Alsace

Pierre Nuss vous raconte les changements dans les conditions de vie des alsaciens et des mosellans après la signature de l'armistice du 22 juin 1940. Quelques jours qui ont tout fait basculer.

Signature de l'armistice. À gauche le général Keitel, à droite, la délégation française avec le général Huntziger entouré du général d'aviation Bergeret et du vice-amiral Le Luc (de profil, à droite)
Signature de l'armistice. À gauche le général Keitel, à droite, la délégation française avec le général Huntziger entouré du général d'aviation Bergeret et du vice-amiral Le Luc (de profil, à droite) - Bundesarchiv, Bild 146-1982-089-18

Réécoutez Pierre Nuss vous parler de ce triste épisode historique

Quand on s’intéresse à l’Histoire, il faut tout prendre. Les bons moments et les instants pourris. On n’a pas le droit de choisir, de balayer telle ou telle période sous le tapis. 

Si à un moment, vous étudiez l’histoire et que vous ne grincez pas des dents, que vous ne vous sentez pas tristes ou mal, vous ne faites probablement pas vraiment de l’Histoire. Aujourd’hui, donc, une date un peu triste, c’est le 22 juin 1940. 

Après la fuite en ordre dispersé de l'armée anglaise et son rembarquement à Dunkerque à partir du 26 mai 1940 sans prévenir l'état-major français, c’est la galère. La France tiendra des jours entiers l’évacuation des anglais, c’est la fameuse opération Dynamo rendue célèbre par le film Dunkerque. Après cette débâcle, il faut se rendre à l’évidence, la drôle de guerre ne sera pas drôle pour tout le monde. Le 17 juin, le maréchal Pétain, héros incontesté de la Première Guerre Mondiale, prend la parole après avoir manoeuvré des semaines en coulisses pour affaiblir la République, et dit ceci... 

L’armistice du 22 juin 1940 est signé dans le même wagon que celui de 1918 en forêt de Compiègne. Pour les Alsaciens et les Mosellans non-évacués, cela signifie qu’ils sont dans la zone occupée, et que l'Allemagne exerce « les droits de la puissance occupante », ce qui implique que l'administration collabore avec elle d'une « manière correcte ». C’est marqué comme ça. Et pour les évacués, il faut choisir. Rentrer dans ses pénates en Alsace, entouré des hommes du petit moustachu ? 

Ou rester dans la zone dite libre, entouré de gens qui ne comprennent pas les Alsaciens et les appellent ironiquement les Yayas ? Pour beaucoup, c’est le retour, mais voilà : un mois plus tard, en juillet 1940, le IIIe Reich annexe de fait l’Alsace et la Moselle, ce n’est plus de l’Occupation, c’est la Gleichschtaltung, la “mise au pas” de la région. 

L’Alsace et la Moselle sont les seules régions de France à avoir fait l’expérience du totalitarisme complet. C’est le début d’une phase de défrancisation, retour aux choses d’avant 1918, de décléricalisation (les Églises étaient très influentes à l’époque), de germanisation contre la langue et la culture françaises et enfin de nazification (avec l’importation de toutes les organisations liées au parti nazi). On pouvait être envoyé à Schirmeck pour un drapeau français planqué dans une cave ou le chant d’une Marseillaise. Les habitants étaient soumis à une propagande de tous les instants. Des fake news, si vous voulez. Selon les sources, on peut affirmer que seule une minorité y répond favorablement, avec plus ou moins d’enthousiasme, tandis que la majorité de la population fait preuve d’attentisme et se contente des apparences. 

C’est le début d’un siège moral : les alsaciens tiendront bon jusqu’en novembre 1944. Mais à quel prix ? Cette date du 22 juin 1940, c’est de fait le début d’un cauchemar long de près de 4 ans et demi.

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