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Ilse Jordan, une aventurière de Bischwiller

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Par , France Bleu Elsass, France Bleu Alsace

Ilse Jordan (1891-1988) a été la première occidentale (et alsacienne) à effectuer en solitaire une traversée de Taïwan. Et pas que !

Portrait d'Ilse Jordan en 1929
Portrait d'Ilse Jordan en 1929 - Site de l'UIA

Réécoutez la vie trépidante d'Ilse Jordan

Il y a 130 ans, en juin 1891, naissait à Bischwiller Ilse Jordan, une véritable aventurière, je pense qu’elle aurait été bonne copine avec Corto Maltese. Elle effectue des études de philologie (allemand, français et anglais) à l’université de Strasbourg et suit en même temps une formation de cantatrice au conservatoire de Strasbourg. Elle a failli chanter une cantate de Bach avec le Dr Albert Schweitzer, mais la Première Guerre Mondiale éclate. Elle devient professeure de philologie à à Bruchsal au nord de Karlsruhe, mais elle s’ennuie, alors elle part pour Shangaï, où elle enseigne de 1926 à 1931 à l’école allemande.

Elle met à profit ses longues périodes de vacances pour voyager à travers la Chine d’avant Mao Tsé-toung et dans tout l’Extrême-Orient et les mers du Sud, dans le Japon, Corée, Formose (l’ancien nom de Taïwan), les Indes néerlandaises (ça c’est Bali et Java), ou la Micronésie (aujourd’hui les îles Marshall). Pour une femme seule des années 20, c’est rare et courageux à l’époque. Elle a été la première Occidentale à effectuer en solitaire une traversée de Taïwan alors sous occupation japonaise, quelques semaines seulement avant la grande révolte d’octobre 1930 des aborigènes de l’île.

Consciente d’être la dernière à pouvoir admirer certains paysages et de sauver par ses écrits un monde en train de disparaître, elle publie le récit de ses voyages, qui paraît en Allemagne en 1939 sous le titre Ferne blühende Erde, traduit en français sous le titre “Derrière les portes de l’Extrême-Orient”. Son traducteur, Jean-Louis Spieser, fera également publier en 2016 son journal intime (“C’était Shanghaï”) journal qu’il avait retrouvé par hasard à Colmar, dans des archives oubliées chez des amis avec lesquels Ilse Jordan avait longtemps gardé des contacts.

Voilà deux livres pour voyager à la fois en Asie et un siècle en arrière. L’aventurière bischwilleroise Ilse Jordan n’est plus repassée par l’Alsace, elle a longtemps enseigné en Allemagne et s’est éteinte en Bavière en 1988, à l’âge de 98 ans. Mais ses souvenirs sont toujours là.

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