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Disparues de Perpignan : l'analyse du criminologue Christophe Soullez

mercredi 28 août 2013 à 11:28 France Bleu Roussillon

Pour Christophe Soullez, criminologue, l'ADN découvert dans le congélateur de la famille Bénitez n'est pas une preuve formelle du crime, le GPS de la voiture peut encore parler, les moyens technologiques de la police scientifique sont une aide précieuse pour la police mais rien ne remplacera le travail traditionnel des enquêteurs.

Disparues de Perpignan : l'analyse du criminologue Christophe Soullez
Disparues de Perpignan : l'analyse du criminologue Christophe Soullez

La police et la justice restent très discretes sur le travail d'investigation mené dans l'enquête sur la disparition d'Allison et Marie-Josée Bénitez le 14 juillet dernier à Perpignan. Les enquêteurs continuent de travailler sur la personnalité des victimes et sur celle de Francisco Bénitez, aujourd'hui suspect numéro 1, qui s'est suicidé le 5 août dernier en emportant vraisemblablement un lourd secret. La police travaille aussi sur l'ADN découvert dans le congélateur de la famille et le lave-linge de la légion étrangère, l'ADN d'Allison.

Que peuvent apporter ces nouvelles découvertes ? Dans quelle direction les enquêteurs peuvent-il travailler ? Peut-on affirmer avec certitude que nous sommes en présence d'un meurtre ? Pour mieux comprendre, rencontre avec Christophe Soullez , criminologue et co-auteur avec Alain Bauer de "La criminologie pour les nuls" , paru aux Editions First.

Est-ce surprenant d'avoir retrouvé de l'ADN dans le congélateur pourtant nettoyé à grande eau par Francisco Bénitez ?

Non, l’ADN résiste au temps et aux multiples nettoyages.C’est un élément qui peut être présent sur les lieux d’un crime pendant longtemps. L’ADN résiste à beaucoup de produits de nettoyage et les moyens de police en terme de technique de prélèvements ont beaucoup progressé.

Que peut nous apprendre cet ADN ? Peut-on dater cet ADN ?

Non, il n'est pas possible de dater cet ADN. En fait l'ADN ne nous apprend pas grand chose finalement, ce n'est en tout cas pas la preuve formelle qu'il y a eu crime. Dans l'absolu, il n'y a même rien de surprenant à trouver de l'ADN dans le congélateur utilisé par la mère comme par la fille. L'ADN retrouvé dans le lave-linge de la légion est plus intéressant car la légion est un endroit où Allison n'était pas présente.

En fait, le plus dur commence pour les enquêteurs, car l’ADN n’est pas le remède miracle pour résoudre une enquête. Il faut toujours des raisonnements humains, faire des recoupements, reconstituer l’emploi du temps des victimes et du potentiel auteur, mener une enquête de voisinage, retracer les appels téléphoniques et analyser le GPS.C’est un travail de fourmi, ça va être difficile car les trois témoins sont sans doute décédés, les deux victimes et le potentiel auteur.Que peut nous apprendre le GPS ? La mémoire des GPS permet de retracer le parcours du conducteur. C'est une élément essentiel dans cette enquête.Mais attention, nous ne sommes pas dans la série télévisée "Les Experts", on ne résout pas un meurtre en 45 minutes.

Christophe Soullez, criminologue