Replay du mercredi 26 février 2020

A fond la haine / Épisode n°3 : Tapi dans l’ombre (Affaire Albert Moulie)

Un postier palois, artiste peintre à ses heures, tombe follement amoureux d’une enseignante au collège de Mauléon. Hélas, la jeune femme se refuse à cette idylle. L’idée naît de se venger contre Marguerite et son futur fiancé...

Une nuit de décembre fatale pour les deux amants...
Une nuit de décembre fatale pour les deux amants... © Getty

Il est 15h30. Main dans la main, André et Marguerite franchissent le portail de la maison familiale. Les deux amants s’engagent sur la route départementale, à la sortie du village. Ils parlent de choses et d’autres. L’un et l’autre semblent si heureux de cette ballade dominicale qu’ils n’ont même pas prêté attention à ce véhicule stationné, au loin, de l’autre côté de la chaussée. L’homme installé au volant, c’est Albert. Voilà plusieurs heures qu’il attend, tapi dans l’ombre comme le fauve guettant sa proie. Lui qui se croyait l’amant de Marguerite ne pardonne pas qu’elle se soit refusée à lui. « La garce », se dit-il, « elle ne pouvait pas me faire ça ; elle n’aura que ce qu’elle mérite ». Ivre de colère, Albert scrute patiemment les deux amants qui marchent, sans se méfier, dans sa direction. Discrètement, il allume le moteur de sa Simca bleue. L’auto prend de la vitesse. Soudain, elle traverse la chaussée, fonçant droit devant sur les deux piétons qu’elle finit par écraser. 

On imagine la violence ahurissante de la scène…

La scène est d’une extraordinaire violence : André et Marguerite ont été happés par cette voiture folle qui achève sa course dans le décor. Ils n’ont même pas eu le temps d’esquisser un geste pour éviter le drame. Le choc a été si violent que plusieurs témoins accourent aussitôt. Il est hélas trop tard pour Marguerite. Elle a été tuée sur le coup. André, lui, est grièvement blessé à la tête. L’automobiliste a eu davantage de chance. Il n’est que légèrement atteint au genou. On alerte aussitôt les secours. Lorsque les gendarmes arrivent sur place, ils pensent avoir affaire à un banal accident de la circulation. Un de plus. Pourtant plusieurs détails intriguent les militaires. La route était claire et dégagée. Il n’y a aucune trace de freinage au sol. Pour les gendarmes, cette collision n’a rien d’accidentel. Le véhicule a délibérément foncé sur les deux piétons. C’est donc un geste criminel. Question : pourquoi diable maquiller un meurtre en un accident de la route ?...