Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

La foule se presse au procès d'Albert Moulie...
La foule se presse au procès d'Albert Moulie... © Getty

A fond la haine / Épisode n°4 : Meurtrier et fier de l’être (Affaire Albert Moulie)

Diffusion du jeudi 27 février 2020 Durée : 2min

Un postier palois, artiste peintre à ses heures, tue la jeune femme qui se refuse à son mariage. Comment ? En l’écrasant, au volant de son véhicule, sur une route de campagne. C’était le dimanche 6 février 1966, dans le petit village de Saint-Goin. L’enquête criminelle commence...

Sitôt soigné de sa blessure au genou, l’automobiliste est placé en garde à vue pour meurtre et tentative de meurtre. Les gendarmes d’Oloron ont 48h devant eux pour découvrir le mobile du crime. Dès sa première audition, le suspect ne fait mystère de rien. Albert Moulie l’admet : il a « voulu écraser Marguerite avant de se tuer ». Il a agi ainsi par vengeance. L’amant contrarié souffrait, dit-il, d’une obsession maladive depuis l’annonce des fiançailles de Marguerite et André. Dans la région, l’annonce du drame plonge la population dans le chagrin. En Soule, chacun estimait la jeune professeure de dessin du collège de Mauléon. Beaucoup pleurent une enseignante, une amie, une parente.  Le surlendemain, une imposante foule dense se réunit dans la petite église de Saint-Goin, située tout près des lieux du drame. Au même instant, à Pau, Albert Moulie pénètre, menottes aux poignets, dans le cabinet du juge d’instruction. 

Ce drame plonge dans la région dans l’émotion et les journaux lui réservent une place de choix.

L’affaire passionne les journaux locaux et régionaux qui relatent, en gros titres, un « drame de la jalousie ». La photo du suspect s’étale en pleine page. Beaucoup se souviennent que, quatre mois plus tôt, l’artiste peintre Albert Moulie exposait fièrement ses toiles dans une galerie paloise. Le quotidien du soir Le Monde annonce, pour sa part, un crime de la haine maquillé en accident de la route. L’enquête judiciaire ira vite. En plein cœur de l’été 1966, la justice se transporte sur les lieux afin de reconstituer le drame. L’inculpé Moulie n’éprouve visiblement aucun remord. Il lance à qui veut l’entendre que les deux victimes n’ont eu que ce qu’elles méritaient : « Ce drame, c’est leur faute ! ». Un an plus tôt, la presse locale tressait des couronnes à Moulie, l’artiste peintre en herbe. Novembre 66, le même Albert Moulie va faire la une de l’actualité, mais à la rubrique cour d’assises. Son procès attire beaucoup de curieux…

Mots clés