Replay du vendredi 28 février 2020

A fond la haine / Épisode n°5 : L’Amant démoniaque ! (Affaire Albert Moulie)

Février 1966. Un postier palois, artiste peintre à ses heures, écrase une enseignante de Mauléon. La jeune femme aurait eu le tort de refuser sa demande en mariage. Neuf mois plus tard, son procès s’ouvre devant les jurés Basques et Béarnais…

Le verdict tombe pour l'amant éconduit...
Le verdict tombe pour l'amant éconduit... © Getty

Mardi 22 novembre 1966, le procès du drame de Saint-Goin s’ouvre au palais de justice de Pau. Le public dévisage ce curieux accusé qui fait son entrée, escorté de deux gendarmes. Qui est donc ce postier sans histoire, artiste peintre à ses heures ? L’accusé, vêtu d’un costume bleu et d’une chemise blanche, décline sa vie. Après une enfance sans relief, un CAP de plâtrier, puis le service militaire en Algérie, Moulie réussit le concours des PTT. Sa vie bascule en février 1964 lorsqu’il croise Marguerite. L’accusé affirme qu’ils se sont fréquentés en cachette. La jeune femme lui aurait parlé de mariage mais ses parents voyaient cette union d’un mauvais œil. « Mensonges » selon la partie civile. Moulie s’invente un amour que lui seul partageait ! Selon les experts psychiatres, l’accusé se décrit comme un amoureux déçu. A leur avis, son geste meurtrier est le fruit d’un paroxysme anxieux. Sa responsabilité pénale serait donc atténuée. 

L’audience révèle pourtant des détails qui font froid dans le dos...

Le Président de la cour livre un curieux détail. Au centre de tri postal, Moulie surveillait chaque matin le courrier destiné à Marguerite. Parfois même, il fabriquait de fausses lettres révélant à André, son rival, la précédente liaison de la jeune femme. Comme pour le dissuader. Contre cet accusé « abject et perfide », l’avocat général Poumarède réclame la prison à vie ! Impensable pour le défenseur de Moulie qui parle de « gestes de folie ». Le bâtonnier Jean Darmendrail estime que l’accusé a été emporté par une force à laquelle il n’a pu résister. « Au moment du drame, sa place était dans un asile d’aliénés ». Entre l’acquittement au nom de la folie et la prison à vie au nom d’un geste démoniaque, le défenseur estime qu’il y a une place pour la « justice du cœur ». Message reçu. Une heure plus tard, le verdict tombe. Moulie écope de sept années de prison. Morale de ce procès : L’amour rend fou. La haine, davantage encore…