Replay du lundi 3 mai 2021

Affaire de l'Evêque de Bayonne : "Peu Catholique". Episode n° 1, Monseigneur se déplace au palais

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Janvier 1918, le Pays est en guerre. A Bayonne, une bande de malfaiteurs agresse l’évêque, Mgr Gieure, dans ses appartements de la maison épiscopale. Le prélat aurait bien pu y laisser la vie si la balle de son agresseur n’avait achevé sa course dans la bibliothèque. Qui sont donc ces visiteurs ?

Illustration d'une église en pleine nuit
Illustration d'une église en pleine nuit © Getty - Cinzia M. Campari / EyeEm

Il y a beaucoup de monde, en ce jeudi 24 mai 1918, dans la grande salle des pas perdus au palais de justice de Pau. Il est environ 13h30. Avocats, huissiers et magistrats devisent des affaires inscrites au menu de la Cour d’Assises qui va siéger d’ici quelques minutes, dans la grande salle du fond. On aperçoit aussi les visages connus des journalistes de la presse locale. Stylo et carnet à la main, ils sont les yeux et oreilles des nombreux quotidiens édités chaque matin en Béarn et au Pays Basque. Légèrement en retrait, il y a ces élégants messieurs en costume sombre et à la fine moustache. Ce sont les jurés tirés au sort sur les listes électorales. Le temps d’une session, ils vont juger en leur âme et conscience, aux côtés des trois magistrats. L’arrivée d’un aéropage d’hommes d’église crée soudain la surprise. Il y a le curé de la paroisse d’en face, l’archiprêtre de Saint-Martin, un vicaire, ainsi que l’Évêque de Bayonne en personne.

L’invité d’honneur cet après-midi, c’est lui : Monseigneur François-Xavier Gieure, 67 ans, évêque des diocèses de Bayonne, Lescar et Oloron, a traversé le département pour se rendre à Pau. Viendrait-il visiter le vitrail symbolisant le Christ sur la croix, dans la grande chambre de la cour ? Non. Le prélat du département va aujourd’hui s’assoir sur le banc réservé aux victimes, à la cour d’assises. En effet, magistrats et jurés s’apprêtent à juger sept jeunes garnements accusés d’avoir cambriolé les appartements privés de l’évêché de Bayonne. L’un d’eux a même failli tuer Mgr Gieure en faisant usage de son arme. Tout commence dans la nuit du 31 janvier 1918. Il est environ 23h45. L’homme d’église dort à poings fermés lorsqu’un bruit suspect le réveille. Ça vient de son bureau. Mgr Gieure tend l’oreille. Les bruits bizarres persistent. Le prélat s’habille sommairement et marche à pas de loup vers son office où deux malfaiteurs sont à pied d’œuvre.