Replay du mardi 4 mai 2021

Affaire de l'Evêque de Bayonne : "Peu Catholique". Episode n° 2, Balle perdue

Janvier 1918, en pleine première guerre mondiale, un étrange fait-divers fait la Une de l’actualité dans notre département : l’évêque des diocèses de Bayonne, Lescar et Oloron, est réveillé en pleine nuit par d’étranges visiteurs. Il découvre deux malfaiteurs en plein fric frac dans son bureau.

L'homme s'enfuit du lieu du cambriolage !
L'homme s'enfuit du lieu du cambriolage ! © Getty - CribbVisuals

Éclairé d’une modeste bougie, l’évêque ouvre la porte. Il tombe nez à nez avec deux inconnus en plein fric frac. L’un tente de déverrouiller les tiroirs du bureau tandis que le second s’empare de plusieurs cigares et d’un porte-mine en or. « Bandits, voleurs » hurle le prélat. Le plus jeune des malfrats se rue vers la fenêtre qu’il enjambe, avant de prendre la poudre d’escampette. L’autre en revanche brandit une arme qu’il tient dans sa main droite : « Taisez-vous ! ». Mais rien n’y fait. Nullement intimidé par la vue de ce pistolet, Mgr Gieure l’apostrophe de plus belle. « Si tu cries, je te bute » lance le malfaiteur. « Eh bien, tirez » répond l’évêque qui se jette sur son agresseur. Effrayé, le jeune homme appuie sur la détente. Le coup part aussitôt. Par chance, la balle rate sa cible avant de terminer sa course dans l’austère bibliothèque en bois. N’écoutant que son courage, Mgr Gieure empoigne vigoureusement le malfaiteur par le col de sa veste.

Malgré son âge, l’Évêque bayonnais engage un corps à corps avec celui qui a bien failli le tuer. Glissant sur le parquet trop bien ciré de son bureau, le prélat finit par lâcher prise. Le jeune cambrioleur en profite pour s’enfuir par la fenêtre et rejoindre son comparse sans doute déjà loin. L’homme d’église est allongé au sol, sonné. Hormis une belle frayeur, il est sain et sauf. Réveillé par ce tohubohu nocturne, le concierge finit par se présenter. Il donne l’alerte. Quelques instants plus tard, la police est sur place. Le commissaire Cochet et ses hommes débutent les investigations. Ils passent les lieux à la loupe. De prime abord, les deux visiteurs nocturnes ont escaladé la façade, brisé la fenêtre, puis pénétré à l’intérieur du bureau de l’évêque. A priori, ces deux - là ont mal calculé leur coup. Ils ont certes fracturé les tiroirs mais leur butin est dérisoire. Pour les policiers, il est urgent d’interpeller ces malfaiteurs aussi capables de voler que de tuer.