Replay du mercredi 5 mai 2021

Affaire de l'Evêque de Bayonne : "Peu Catholique". Episode n° 3, Bande de voyous

Dans la nuit du 31 Janvier 1918, l’évêque des diocèses de Bayonne, Lescar et Oloron, est réveillé en pleine nuit par d’étranges visiteurs. Deux malfaiteurs qui cambriolent son bureau à l’évêché bayonnais. Et l’un d’eux a d’ailleurs bien failli le tuer. L’enquête débute.

Le témoignage de l'homme d'Eglise est primordial !
Le témoignage de l'homme d'Eglise est primordial ! © Getty - Anton Petrus

Grâce à l’enquête de voisinage, les policiers finissent par recueillir de précieux témoignages. Ils apprennent que, quelques jours avant l’agression, un jeune soldat convalescent s’est présenté à la porte de l’évêché. Sans doute un mutilé de plus qui a réchappé à la boucherie de la grande guerre de 14-18. Dans les Basses-Pyrénées comme ailleurs, nombre de jeunes garçons ont été mobilisés sur le front de l’est. Beaucoup n’en sont jamais revenus. A Bayonne, chacun sait que Mgr Gieure ouvre volontiers sa porte aux soldats en permission qui lui demandent quelques subsides. Le visiteur a déclaré se nommer Anselme Vincent. En attendant que l’évêque ne le reçoive, le jeune homme a minutieusement scruté les lieux. Comme s’il était en repérage. Le 30 janvier 1918, veille de l’agression, le soldat convalescent est revenu à l’évêché. Une fois encore, il vient réclamer une aide financière à l’évêque bayonnais. Mais aujourd’hui, il n’est pas seul…

Son accompagnateur, les policiers le connaissent bien. Il se nomme Joseph Estebeteguy. Né à Bayonne vingt ans plus tôt, c’est un jeune charpentier très défavorablement connu de la justice. Comme ses deux frères, Louis et Adrien. Les enquêteurs présentent donc l’album photographique de leurs clients habituels à Mgr Gieure. Et sans hésiter, le prélat désigne plusieurs des membres de la petite bande de voyous. Il reconnaît Anselme Vincent, le jeune soldat du 1er bataillon de marche venu deux fois en éclaireur afin de reconnaître les lieux. L’homme d’église identifie également la seconde taupe, Joseph Estebeteguy. Les policiers insistent : « reconnaissez-vous l’un de vos agresseurs ? ». Mgr Gieure sursaute. En scrutant chacun des visages, il reconnaît un certain Intsaby. Lui serait le cambrioleur en fuite. Mais surtout, l’évêque reconnaît en Adrien Estebeteguy l’homme qui a bien failli le tuer la veille !