Replay du vendredi 7 mai 2021

Affaire de l'Evêque de Bayonne : "Peu Catholique". Episode n° 5, Clap de fin

Retour sur cette folle nuit du 31 Janvier 1918. L’évêque des diocèses de Bayonne, Lescar et Oloron, est agressé en pleine nuit par deux malfaiteurs qui cambriolent son bureau épiscopal. Les policiers bayonnais interpellent 7 voyous bien connus de leurs services qui finissent par se mettre à table...

Place au procès des différents accusés !
Place au procès des différents accusés ! © Getty - krisanapong detraphiphat

Sitôt leurs aveux couchés sur le papier, les sept malfaiteurs bayonnais sont inculpés de vol aggravé et tentative d’assassinat. Le plus jeune a 18 ans. L’aîné souffle à peine sa 21ème bougie. Leur procès s’ouvre quatre mois plus tard au Palais de Justice de Pau. La presse basco-béarnaise baptise ces malandrins « les apaches ». Par référence au surnom donné à ces bandes de jeunes voyous qui terrorisent le Paris des années 1900. Vol, violence, proxénétisme sont les tristes faits d’armes de ces hordes de gamins qui s’habillent, malgré tout, avec élégance : casquette, veste courte, bottines à boutons dorés. Des voyous que le Ministre Georges Clemenceau va dorénavant traquer en créant les célèbres Brigades du Tigre, lointains prédécesseurs de l’actuelle Police Judiciaire. A Pau, les sept cambrioleurs de l’évêché bayonnais écoutent, tête basse, le témoignage de Mgr Gieure qui vient témoigner devant la cour d’assises.

Le prélat commence par lever la main droite. Jurant de dire toute la vérité, il raconte cette nuit du 31 janvier, son réveil en sursaut à cause de bruits suspects, le face à face avec ses agresseurs, et surtout, la détonation de cette balle qui faillit le faire passer de vie à trépas. Miséricordieux, l’homme d’église refuse d’accabler ces pauvres pêcheurs. Il tombe pourtant des nues en apprenant que l’instigateur du fric-frac n’est autre qu’un soldat auquel il avait ouvert sa porte et sa bourse, pour lui venir en aide… Les complices purgeront 4 années de cachot. Intsaby, le fuyard, écope de 5 années. Quant à Adrien Estebeteguy, il fera 8 ans de prison pour avoir failli tuer le prélat. Sitôt libéré, l’impénitent malfaiteur recommence de plus belle. En 1943, il croise la route du satanique Dr Petiot qui lui promet de le faire « passer » en Argentine. Hélas, Adrien le basque ignore qu’il finira bientôt ses jours… dans le four à bois de ce tueur en série parisien.