Replay du vendredi 8 janvier 2021

Affaire Joseph Garat : liaisons dangereuses, épisode n°5 candide ou voyou

Janvier 1936, le maire de Bayonne de l’époque, Joseph Garat, dort en prison depuis deux ans. Son procès s’ouvre à Paris et c’est peu dire qu’il fait la une de l’actualité en France. C’était il y a exactement 85 ans…

Le fruit est gâté et le péché consommé pour Garat
Le fruit est gâté et le péché consommé pour Garat © Getty - Fabio Corrà / EyeEm

Ce 4 Novembre 1935, l’ancien maire bayonnais comparait, avec vingt autres accusés devant la cour d’assises de la Seine, à Paris. Voilà deux ans que Joseph Garat attend cet instant derrière les verrous. Le procès de l’affaire Stavisky s’ouvre pourtant sans son acteur principal qui s’est officiellement suicidé. Face à ses juges, l’ancien maire basque se démène comme un diable. Accusé d’être l’instigateur de cette carambouille par les employés du Crédit Municipal, Garat jure qu’il ne savait rien du passé délinquant de Stakisky. Il dit avoir été abusé, même s’il admet lui avoir ouvert la porte des grands ministères parisiens. De tous côtés, on lui donnait des apaisements. Tout était « régulier voire normal ». Garat concède qu’il a pu être naïf ou imprudent. Mais malhonnête, certainement pas ! C’est par pure charité que le maire bayonnais jure avoir créé ce mont-de-piété. Histoire de rendre service aux pauvres habitant sa commune.

le fruit se gâte

Joseph Garat naît en 1872. Il devient d’abord avocat au barreau de sa ville natale. Sa vie politique débute à 38 ans. Élu maire sous l’étiquette radical-socialiste, Garat cumule ce mandat avec ceux de conseiller-général et député. Clientéliste habile, il n’est pas un homme d’argent. Dépourvu de fortune personnelle, Garat enfile à nouveau sa robe d’avocat pour arrondir les fins de mois. « J’ai toujours été un homme simple qui s’acquitte d’un loyer modeste », clame-t-il. « Ma ville natale, je l’aime passionnément ». Garat jure donc qu’il était de totale bonne foi. Son de cloche radicalement opposée pour le procureur général Roux qui le taxe de cupidité. Selon l’accusateur, « jamais culpabilité n’a été mieux établie que celle de Garat. Jamais chute n’a été plus lamentable pour un élu qui aura brillé à la fin de la guerre ». Verdict : 2 ans de prison. Garat est libéré. Mais sa carrière politique s’est achevée dans le déshonneur.