Replay du mercredi 9 décembre 2020

Affaire Pierre Harisgarat : mises en Demeure (épisode n ° 3 : de mal en pis)

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Au printemps 1820, un mystérieux corbeau sème la peur dans le canton de Saint-Palais. Il menace un cultivateur d’Arbouet des pires malheurs si ce dernier tarde à s’acquitter d’une rançon de 900 francs pour prix de sa tranquillité.

Le corbeau a mis le feu à la grange de la famille Algueïru
Le corbeau a mis le feu à la grange de la famille Algueïru © Getty - JoeDphoto

Le jeune cultivateur choisit de ne rien faire. Il plie soigneusement la lettre du corbeau et la range dans un coin de sa chambre. Dorénavant, Pierre Algueïru est sur ses gardes. Les semaines passent. Mais, rien ne se passe. Dans la nuit du 23 mai, rebelote. Un violent bruit réveille le couple. Pierre bondit de son lit et ouvre aussitôt la fenêtre. Là, c’est la stupéfaction : la grange située face à sa ferme est ravagée par d’imposantes flammes qui dévorent le toit et les instruments agricoles entreposés là. Pierre s’habille en vitesse. Il réveille sa petite famille et appelle aussitôt à l’aide les plus proches voisins. Les hommes du village arrivent en nombre. Grâce à de nombreux sceaux d’eau, le feu est enfin circonscrit. Mais le bilan est lourd : la majeure partie de la grange est devenue hors d’usage. L’un des voisins remarque un détail. Sur la porte principale de la ferme, il y a un bout de papier accroché au bout d’un clou. S’agit-il d’une lettre ?

Que contient ce mystérieux bout de papier ?

Une seconde fois, le corbeau a pris sa plume. Cette nuit, l’écrivain anonyme revendique clairement son geste. Selon la missive écrite en italiques et en langue basque, l’incendie ne se serait jamais produit si Peyo Algueïru avait pris l’ultimatum de février dernier au sérieux… Sous-entendez : il devient urgent de payer la somme réclamée, faute de quoi les ennuis continueront… Le corbeau réitère : Algueïru a dix jours pour acquitter la somme de 900 Francs. Il devra la déposer au creux du vieil arbre précédemment désigné. Ou s’il préfère, sous une pierre proche de la Croix de Burgaintsi. Si rien n’est fait d’ici le 3 juin, le corbeau annonce qu’il frappera à nouveau ! Cette fois, il incendiera la ferme toute entière et, qui sait, il pourrait même supprimer Pierre et ses proches. Le cultivateur panique. La seconde lettre a été rédigée sur le même papier que la précédente. L’écriture semble identique. D’évidence, le corbeau ne plaisante pas.