Replay du vendredi 9 avril 2021

Affaire du Docteur Petiot : épisode n°5, Docteur Satan

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Avril 1946, on juge à Paris le satanique Docteur Petiot. Ce tueur en série compte, parmi elles, un malfrat natif de Bayonne et pressé de quitter la France à la fin de la seconde guerre. Il ignore qu’en pénétrant chez Petiot, le curieux vaccin qu’il lui injecte est en réalité un poison mortel…

Le Docteur Marcel Petiot sur le banc des accusés lors de son procès
Le Docteur Marcel Petiot sur le banc des accusés lors de son procès © Getty - Keystone-France

Adrien Estebeteguy pénètre dans cette minuscule pièce capitonnée et sans fenêtre. Il n’imagine pas un instant qu’il n’en sortira plus. Les minutes passent. Petiot branche un disque de tango argentin. Le jeune basque est soudain pris de violentes convulsions. Il peine à respirer, s’étouffe, et décède en quelques minutes. Sur l’un des murs, Estebeteguy n’a même pas remarqué ce minuscule œilleton derrière le satanique Marcel Petiot observe son agonie, sourire aux lèvres. L’assassin fouille la valise de sa victime, comptant son butin, pièce après pièce. L’heure est venue de se débarrasser de ce corps devenu bien encombrant. Selon un mécanisme qu’il reproduira à 27 reprises, Petiot traîne la dépouille du jeune basque jusqu’à la cave de sa demeure. Reproduisant les vieilles méthodes de son sinistre prédécesseur, Henri-Désiré Landru, un quart de siècle plus tôt, Petiot va dépecer sa victime en mille morceaux.

L’assassin achève sa besogne, mais de quelle manière ?

L’assassin va ensuite se débarrasser des restes en bourrant la chaudière qui brûle à pleine flambée au fin fond de sa cave. Une fois sa besogne terminée, Petiot enfourche son vélo et regagne son domicile du 9ème arrondissement. La cape sur le dos, il rie au vent, humant cet air au goût de cendres. Jeudi 4 avril 1946, le procès touche à sa fin. Durant deux semaines d’audience, Marcel Petiot a multiplié les envolées lyriques et les provocations. Dans le public, des spectateurs réclament son autographe. Selon les Juges, Petiot était responsable de ses actes. Sans doute un déséquilibré à l’intelligence supérieure Le médecin de l’horreur est jugé coupable de l’assassinat et du vol d’au moins 24 victimes, parmi lesquelles Adrien Estebeteguy, dit le basque. La mort du malfrat bayonnais n’a apitoyé personne. Deux mois plus tard, la guillotine expédie le médecin satanique en enfer. Lui qui se disait « un voyageur ».