Replay du mercredi 30 décembre 2020

Affaires classées, Noël au balcon, Pâques en prison / épisode n°3 : Au nom de la peur.

Le drame qui secoua, en 1983, le village d’Osse en Aspe. Le soir de Noël, un meurtre vient de se produire dans une maisonnette du village où un quadragénaire a abattu son frère d’un coup de fusil à bout portant…

Une vaisselle à coup de calibre 12
Une vaisselle à coup de calibre 12 © Getty - Frank and Helena

A la gendarmerie de Bedous, les enquêteurs enchaînent les auditions. Une fois dégrisé, Jean Sauveur-Gonzalez finit par s’expliquer. Ce dimanche de Noël avait commencé comme tous les autres jours. Au comptoir du bistro du village, à quelques mètres du domicile. Enchaînant les verres de pastis, Jeannot regagne la tablée familiale où Marie, sa mère, a réuni plusieurs membres de la fratrie pour la circonstance. Plusieurs des convives notent que « Jean ne tenait pas en place, qu’il bougeait sans cesse ». Énervé sans doute par cette alcoolisation très matinale, le quadragénaire engage peu la conversation, malgré ce jour de fête, de paix et de retrouvailles. L’après-midi passe. Les convives regagnent leurs pénates. Vient l’heure du souper. Une énième dispute éclate entre les deux frères ennemis. Selon Jean, son frère l’aurait menacé en brandissant un lourd bâton en bois. Effrayé, il aurait tenté de se protéger en s’emparant d’un fusil.

Une arme de calibre 12

Jean Sauveur-Gonzalez la planquait dans sa chambre. Au cas où. Les enquêteurs tentent de comprendre. « Comment votre frère vous menaçait-il puisqu’il s’était rassis ? ». Le suspect affirme qu’en revenant dans la cuisine, carabine à la main, Joseph se serait levé. Logique s’il pressentait sa dernière heure arrivée. Pris de peur, Jean Sauveur-Gonzalez ouvre le feu. Une seule balle perfore le cœur de son frère ennemi. C’en est fini de leurs chamailleries ! Marie, la solide octogénaire au tablier gris, arrive en hurlant. Jean est prostré, assis sur une chaise, tandis que Joseph se vide de son sang. Fin de l’interrogatoire. A l’écouter, Jean Sauveur-Gonzalez aurait tué en état de légitime défense. Parce qu’il voulait sauver sa peau. Hélas pour lui, aucun témoin n’a assisté à la scène. Deux jours plus tard, le suspect prend la route du palais de justice. Le juge d’instruction palois va l’inculper de meurtre.

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