Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Eva Perón, du Pays Basque au sommet de l'État argentin
Eva Perón, du Pays Basque au sommet de l'État argentin © Getty

Aux sources de la légende / Épisode n°1 : Évita (Affaire Éva Peròn)

Diffusion du lundi 23 décembre 2019 Durée : 2min

Il y a un siècle naissait Éva Perón. Celle qui deviendra la Madone du peuple argentin, puise ses racines familiales au cœur de la province basque du Labourd. Pourquoi sa grand-mère paternelle a-t-elle choisi un jour de tout quitter ? La réponse se trouve dans une cellule de la prison de Pau…

Son nom est gravé dans le marbre de l’histoire du vingtième siècle. Surnommée la "Madone des Argentins", Eva Perón a connu trois vies : elle naît d’un adultère, en 1919, dans la pauvreté de la campagne argentine d’alors. A seize ans, elle rejoint Buenos-Aires où elle entame une carrière d’actrice, au théâtre et à la radio. Le timbre vibrant de sa voix fait d’elle une star admirée des foules. La jeune comédienne souffle sa 26ème bougie lorsqu’elle épouse le général Juan Perón qui devient, deux ans plus tard, le Président de la nation Argentine, en février 1946. L’heure de la revanche a sonné. L’ex-enfant pauvre devient la Première Dame de son pays. Adulée par ses concitoyens, Eva Perón rêve de changer la destinée des plus pauvres. A l’image d’une météorite, sa vie sera hélas aussi fulgurante que courte. Ce 26 juillet 1952, Eva Perón, que chacun surnomme Évita, tire sa révérence à l’âge de 33 ans. Elle meurt foudroyée par un cancer. 

La dépouille d’Évita repose, pour l’éternité, au cimetière huppé de Recolleta, au cœur de la capitale Argentine. Le mausolée de sa dernière demeure avoisine 4.800 monuments funéraires dont beaucoup affichent des noms de grandes familles nées au Pays Basque et en Béarn. Un siècle plus tôt, plusieurs milliers d’hommes et de femmes ont fui, ici, la pauvreté qui sévissait au pied des Pyrénées. Dès 1835, la République Argentine dépêche, de Bayonne à Pau, des agents d’état chargés de ratisser les campagnes du département. Baptisés « les marchands de palombes », à l’image de l’oiseau qui s’envole vers des cieux meilleurs, ils promettent monts et merveilles à ces hordes d’expatriés qui rejoignent les ports de Bayonne et Bordeaux. Tous sont convaincus de trouver, là-bas, un avenir meilleur dans ce nouvel Eldorado. Ils sont montés à bord d’un bateau pour un aller sans retour. Parmi eux, il y a trois des ancêtres de la future Évita...