Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Éva Perón, un destin hors du commun
Éva Perón, un destin hors du commun © Getty

Aux Sources de la Légende / Épisode n°2 : Une étoile est née (Affaire Éva Perón)

Diffusion du mardi 24 décembre 2019 Durée : 2min

Il y a un siècle naissait Éva Perón, une enfant pauvre qui deviendra la Première Dame de l’Argentine. On s'intéresse à l’incroyable destin de cette jeune femme qui a révolutionné l’histoire de son pays. L’arbre généalogique de ses ancêtres remonte au Pays Basque...

Au matin du 7 mai 1919, Jeanne Ibarguren, cuisinière de son état, donne naissance à une fillette prénommée Éva Maria. A l’état-civil, l’enfant naît officiellement de père inconnu. Elle est, en vérité, le fruit de la relation adultère de sa mère avec Juan Duarte, un propriétaire agricole qui fait de sa jeune cuisinière, sa maîtresse. La fillette grandit au fin fond de la Pampa Argentine.  Dans la société catholique de l’époque, l’enfant adultérin est ravalé au rang de bâtard. Les premières années de la jeune Éva sont marquées aux sceaux de l’humiliation, la pauvreté, et l’injustice. Plus tard, celle qui deviendra la Madone des Argentins, confiera : « aussi loin que je me souvienne dans mon enfance, chaque injustice me fait mal, comme si l’on y enfonçait un clou ». L’enfant sage et solitaire devient, à seize ans, une actrice admirée sur la scène de Buenos-Aires. Une décennie après, c’est au balcon du palais présidentiel qu’elle enflamme les foules.

Sur la scène artistique de Buenos-Aires, Éva Ibarguren emprunte le nom de son père naturel. Elle devient Eva Duarte. Aux journalistes qui l’approchent, la jeune actrice ne fait aucun mystère de ses lointaines origines basques. Sa mère, Jeanne Ibarguren, descend d’un charretier basque espagnol qui a tenté sa chance de ce côté-ci de l’atlantique. Le père de la jeune Éva est, lui-aussi, le descendant d’une longue lignée de migrants nés au Pays Basque. François, le grand-père d’Éva, naît dans le petit village de Behasque-Lapiste, aux portes de Saint-Palais. Il se nommait François Uhart. Le 6 novembre 1841, il embarque, sans un sou, sur un bateau qui quitte Bayonne et le dépose, trois mois plus tard, à Montevideo. L’agent d’immigration déforme son nom et le baptise…François Duarte. Sitôt installé en Argentine, le jeune ouvrier fait connaissance avec Marie, une solide basquaise qui a migré vers d’autres cieux...